La panne était due à un concours de circonstances malheureuses, comme l'explique le skipper Thomson : "Mes batteries étaient plutôt à plat, alors j'ai rabattu l'hydrogénérateur à l'arrière pour le recharger. À ce moment-là, j'avançais à environ 18 nœuds et j'ai soudain entendu un drôle de bruit. Depuis la descente, j'ai vu que l'hydrogénérateur vibrait assez violemment, et cela s'est aggravé. Je m'apprêtais à le remonter pour éviter qu'il ne se casse, quand c'est exactement ce qui s'est passé. Il a volé dans les airs et a brisé la barre du gouvernail tribord qui relie le double safran. Comme le safran n'était plus relié à la barre, il était immédiatement clair que j'allais faire un coup de soleil. C'est ce qui s'est passé, mais j'ai pu redresser le bateau assez rapidement, enrouler le gennaker et reprendre le cap avec l'autre safran dans l'eau".
Mais c'est alors que le vrai travail a commencé : "J'ai dû réparer la barre, car nous n'en avons pas de rechange à bord. C'est un tube en carbone d'environ trois mètres de long. Cliff Nicholson, notre spécialiste en composite, a élaboré un plan pour que je puisse la réparer avec des bandes de carbone. J'ai d'abord dû découper les restes, ce qui n'est pas un travail agréable, car tout serait recouvert de poussière de carbone. Mais j'y suis parvenu, le bateau a continué à naviguer à 19 nœuds de vitesse. La réparation a duré environ sept heures, elle n'est pas très jolie, mais devrait tenir !"
En effet, Thomson n'a pas perdu beaucoup de terrain avec son "Hugo Boss", il navigue toujours à la 6e place et enregistre même actuellement les vitesses les plus élevées de tout le champ. L'impact de l'hydrogénérateur endommagé n'est toutefois pas tout à fait clair. Selon les premières indications de Thomson, il est important pour alimenter le bateau en électricité à long terme. Pour l'instant, on ne sait pas si une réparation est possible ou s'il peut se passer du générateur. Les générateurs sont devenus un élément central de l'alimentation en énergie à bord, car ils permettent d'emporter beaucoup moins de diesel et donc de gagner du poids. Dès que les bateaux naviguent dans l'océan Austral pendant plusieurs jours sous d'épais nuages, l'alimentation en électricité par les panneaux solaires est généralement supprimée. Le Britannique risque donc d'être à court d'argent.
La tête du peloton continue de rouler vers le sud, sans être impressionnée, et atteindra bientôt le Pot au Noir. Le Français Armel Le Cléac'h ("Banque Populaire") est toujours en tête devant François Gabart ("Macif") et Jean-Pierre Dick ("Paprec-Virbac 3").

Rédacteur Voyage