Vendée GlobeEn direct du bord : ce que disent les skippers

Andreas Fritsch

 · 17.11.2016

Vendée Globe : En direct du bord : ce que disent les skippersPhoto : VINCENT CURUCHET, Vendee
Cours Sud : "Edmond de Rothschild" de Sébastien Josse
La course à la jonction avec la dépression au large du Brésil entre aujourd'hui dans sa phase décisive. Qu'en pensent les skippers ? Citations du bord
  Jean-Pierre DickPhoto : VINCENT CURUCHET, Vendee Jean-Pierre Dick

Jean-Pierre Dick ("St. Michel Virbac")Le vent n'était pas aussi fort que la nuit dernière, mais il a tourné à gauche. Je devrais ainsi pouvoir tirer davantage du bateau. Pour voir le bon côté des choses : Le bateau est en bon état. Mais je me suis fait distancer par les leaders. J'espère que les choses vont encore changer et que nous aurons des avantages à un autre moment de la course pour cela".

  Sébastien JossePhoto : VINCENT CURUCHET, Vendee Sébastien Josse

Sébastien Josse ("Edmond de Rothschild")) : "Je n'ai pas changé de cap comme ArmeI qui navigue en arc de cercle. (...) A chaque Vendée, c'est de pire en pire : dans ma première, j'avais encore un lit confortable, mais maintenant c'est vraiment inconfortable et il est à peine possible de dormir. Quand le bateau navigue à plus de 18 ou 19 nœuds, il est difficile de se déplacer sous le pont. C'est très bruyant et impossible de dormir avec tous ces coups, c'est beaucoup moins confortable que dans un multicoque. Je n'ai pas vraiment remarqué l'équateur, tellement j'étais fatigué. (...) Depuis le départ, nous n'avons pas encore eu à naviguer dans une dépression vraiment forte. Jusqu'à présent, c'était plutôt comme une traversée transatlantique. En bas, dans les 30° de latitude, ce sera un vrai réveil, avec des vents vraiment forts, nous devrons aborder les choses différemment. J'ai déjà cassé deux supports, mais nous n'avons pas encore eu de mer vraiment forte. Nous verrons bien ce qui se passera lors de notre première vraie tempête. Nous sommes déjà à la limite de résistance des bateaux".

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Dans la vidéo du bord, on entend bien le fort bourdonnement des foils. Josse porte désormais, comme beaucoup d'autres skippers, des écouteurs "Noise cancellation", censés masquer le bruit.

  Alex ThomsonPhoto : VINCENT CURUCHET, Vendee Alex Thomson


Alex Thomson ("Hugo Boss")C'est un peu chaotique en ce moment. Je regarde juste les statistiques. C'est assez impressionnant de naviguer sur un bateau qui fait en moyenne 22 nœuds dans 16/17 nœuds de vent. Le vent a légèrement tourné à gauche, ce qui fait que 'Hugo Boss' est un peu plus rapide. Il va encore faiblir un peu avant que nous ayons trois ou quatre jours vraiment rapides en direction du Cap de Bonne Espérance. Je ne pourrais pas être mieux placé pour cela. Il y a une dépression qui se développe au sud, et je pense que je vais pouvoir rester devant. Je pense que seul le groupe de tête pourra suivre la dépression.

Et je pense que Seb (Sébastien Josse, ndlr) a raison : ce sera la première vraie épreuve du feu pour les bateaux. Nous allons probablement naviguer dans 120 à 125 degrés de vent vrai et 23 à 26 nœuds. L'état de la mer déterminera la vitesse à laquelle nous pourrons encore naviguer avec les bateaux. Pour être honnête : En eau plate, mon bateau pourrait atteindre une vitesse moyenne de plus de 30 nœuds dans ces conditions. Avec des vagues, je ne pense pas que ce sera beaucoup plus que les 22 à 24 que nous avons déjà. Je vais préparer le bateau, le nettoyer, bien l'arrimer et essayer de dormir le plus possible. Je dois encore laminer un petit quelque chose et m'assurer que ma garde-robe de voile est optimale pour le vent fort. Je veux être sûr d'être frais pour pouvoir appuyer sur le bouton turbo quand le vent se lève. Nous verrons alors quelle est la puissance réelle de ces bateaux".

  Armel Le Cléac'hPhoto : VINCENT CURUCHET, Vendee Armel Le Cléac'h

Armel Le Cléac'h ("Banque Populaire VIII")Alex Thomson est rapide ! Il est en mode attaque. Mais la route est encore longue. Je navigue sur ma propre route. Je ne regarde pas vraiment la vitesse moyenne. Je me concentre sur le potentiel de mon bateau. Il va encore se passer beaucoup de choses. Alex a fait un beau passage de pot au noir. Je dois maintenir le rythme pour ne pas me faire distancer. A bord, tout va bien, il n'y a pas de problème. J'essaie de me reposer encore un peu, mais il fait vraiment chaud dans les bateaux. Tu transpires tout le temps. Quand le soleil se couchera, je vais essayer de dormir un peu".

  Situation de la course aujourd'hui à 9 heuresPhoto : Vende Globe Situation de la course aujourd'hui à 9 heures

Entre-temps, le peloton s'est rapproché de la dépression, Alex Thomson a pu augmenter son avance à plus de 90 milles, mais il navigue aussi plus à l'ouest que ses prochains poursuivants. Demain, la traversée de l'océan Austral devrait commencer.

Résumé vidéo de la journée d'hier par Vendee TV

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Andreas Fritsch

Andreas Fritsch

Rédacteur Voyage

Andreas Fritsch est né en 1968 à Buxtehude et navigue depuis son enfance sur l'Elbe, puis sur la Baltique, d'abord en dériveur, puis sur ses propres quillards. Après des études de sciences politiques, de littérature allemande et d'histoire à Münster, il a commencé à travailler comme journaliste et a rejoint la rédaction de YACHT en 1997. Depuis 2001, il se concentre sur les thèmes du voyage et du charter, ce qui l'amène à naviguer dans presque toutes les zones de navigation du monde et à affréter régulièrement des bateaux, surtout en Méditerranée, où sa zone de prédilection est la Grèce. Il a écrit deux guides de navigation pour la Méditerranée (Guide de la mer Ionienne et Guide de la côte turque). Outre les voyages, il est fan de la scène Open 60 et Maxi Tri et écrit régulièrement sur ces sujets dans YACHT. Depuis quelques années, il navigue sur la mer Baltique avec un classique en fibre de verre de type Grinde.

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