Pour les fans du Vendée Globe, c'est un cadeau du ciel : ces derniers jours, deux anticyclones au positionnement complexe sur le chemin des concurrents ont créé une situation tactiquement exigeante, dont le résultat est que huit bateaux partent pratiquement à portée de main dans l'Océan Austral. Même lors de la dernière course, où dix concurrents de plus étaient au départ, la situation n'était pas aussi tendue.
Le grand gagnant de la loterie météo est le Français Jean-Pierre Dick avec son "Paprec-Virbac 3". Sa route vers le sud-ouest lui a offert des conditions de navigation idéales pendant près de deux jours, ce qui lui a permis de réaliser la meilleure distance moyenne de toute la flotte avec 456 milles nautiques. "C'est comme sur un tapis volant. Il ne fait pas très beau ici, c'est typique du grand sud. Mais j'aime ces eaux, c'est très sauvage, mais aussi très beau. Le bateau dévore les milles, et bientôt j'aurai dépassé Thomson et Stamm. La question passionnante sera de savoir où Armel se trouvera ensuite", a-t-il envoyé depuis le bateau.
En deuxième position, il n'est plus qu'à 55 milles du leader Armel Le Cléac'h ("Banque Populaire"). A moins de 20 milles derrière, François Gabart ("Macif", actuellement au plus haut niveau de vitesse du bateau avec 21,5 nœuds. Tous deux sont nettement plus rapides que Le Cléac'h et il sera intéressant de voir ce qu'il restera de son avance à la fin de cette journée.
Derrière le trio de tête français, le Suisse Bernard Stamm ("Cheminées Poujoulat") et Alex Thomson ("Hugo Boss") sont également bien placés. Ils ne sont séparés que par un mille en direction de l'arrivée, mais ils naviguent à plus d'un degré et demi de longitude l'un de l'autre. Thomson, avec près de 20 kt de vitesse de bateau, est toutefois nettement plus rapide en ce moment.
Il est également réjouissant de constater que le peloton des poursuivants des bateaux plus âgés (... et des skippers) a pu réduire quelque peu l'écart qui s'était parfois creusé à bien plus de 300 milles. Jean Le Cam ("Synerciel") navigue avec 200 milles de retard, Mike Golding ("Gamesa") est désormais à 50 milles derrière. Le Britannique a choisi une route un peu plus au nord que le Français, il est plus lent et doit maintenant veiller à ce que le Suisse Dominique Wavre ("Temenos") ne lui échappe pas dans le sud. Golding et Le Cam sont considérés comme des skippers rapides dans les conditions difficiles de l'Océan Austral. Lors de la dernière Vendée, Golding avait même pris la tête par endroits avant que le mât ne lui tombe dessus. Peut-être que les deux hommes pourront profiter de leur routine pour se rapprocher de la tête.
Dans un ou deux jours, la course à grande vitesse fera toutefois une pause, car le peloton sera rattrapé par un anticyclone se déplaçant vers l'est. Personne ne pourra toutefois se réfugier très bas sous les latitudes sud, car des champs de glace dérivant très loin au nord ont conduit l'organisateur à déplacer la première porte de glace plus au nord.

Rédacteur Voyage