Après son naufrage dans l'océan Austral, le Français Kito de Pavant a transmis mardi soir une vidéo dans laquelle il montre les dégâts subis par la quille de son "Bastide Otio" et explique sa situation. Le récit du skipper est accompagné tout au long de la vidéo par le gémissement de la quille arrachée de son caisson. Ce sont des scènes effrayantes, car elles se déroulent au 44e parallèle, et le skipper ne sait pas combien de temps la quille va tenir dans cet état.
Alors que le navire français de recherche et de ravitaillement "Marion Dufresne" était en route pour de Pavant, le malheureux navigateur se débattait avec son destin et la décision à prendre. Pour le sympathique Kito de Pavant, c'est le troisième coup de massue à sa troisième tentative. Parti co-favori lors de ses précédentes courses, l'homme de 55 ans voulait cette fois simplement arriver à bon port. Mais cela non plus ne lui a pas été accordé. Mardi soir, celui qui avait dû abandonner 18 jours après le départ en 2008/09, le mât cassé, et qui avait dû réduire la voilure en 2012/13 après une collision avec un chalutier de pêche, a officiellement confirmé son troisième abandon.
Après son naufrage et avant son sauvetage prévu, Kito de Pavant a envoyé cette vidéo émouvante, accompagnée d'un fond sonore angoissant, depuis l'océan Austral.
Les réactions des adversaires et des camarades ? Émouvantes ! Yann Eliès a déclaré : "Je suis tellement désolé pour Kito, qui a fait une très bonne course jusque-là. Je me sentirai mieux quand je saurai qu'il est sauvé. Il a de la chance de ne pas être si loin des Kerguelen. Il y a beaucoup de choses à craindre ici-bas, et la situation peut vite devenir dramatique. L'océan Indien demande son tribut à la flotte. C'est un océan méchant et compliqué, qui est une fois de plus à la hauteur de sa réputation".
Sous le pont, le naufragé décrit ainsi la situation de Kito de Pavant avant l'opération de sauvetage, prévue tôt mercredi matin, à l'aube : "L'eau est à une température de cinq à six degrés. Il ne reste rien de la boîte de quille. Une partie du support de la quille s'est détachée et est remontée. Une partie maintient encore la quille. Soit ça reste comme ça maintenant, soit ça se casse encore plus. Est-ce que je dois quitter le bateau ? C'est trop dangereux ici. Je ne peux rien faire. Pour moi, la Vendée s'arrête là.

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