La situation est compliquée : Le peloton vendéen navigue dans un couloir entre deux anticyclones peu ventés, les skippers doivent décider comment contourner leur noyau peu venté. Les options se dessinaient déjà hier : soit virer directement à l'est, avec le risque de se retrouver entre les deux zones de pression en suivant leur direction. Mais cette variante permet d'économiser des kilomètres. Ou alors passer entre les deux et "sauter" plus tôt sur l'une des zones de basse pression qui s'approchent avec un vent fort venant de l'espace. Le prix à payer pour une vitesse plus élevée est une distance parcourue nettement plus longue.
C'est la première option qui a été choisie hier par le leader Armel Le Cléac'h et Alex Thomson ("Hugo Boss"). Le deuxième, François Gabart ("Macif"), a choisi l'option sud, tout comme le troisième, Jean-Pierre Dick ("Paprec-Virbac 3"). En conséquence, les skippers qui suivent la route sud ont perdu beaucoup de milles sur le leader hier soir, investissant pour ainsi dire dans une stratégie à long terme. Il sera intéressant de voir quelle tactique sera payante. Pour le peloton de poursuivants plus lointain, autour du Britannique Mike Golding ("Gamesa") et de Jean Le Cam ("Synerciel"), le problème est moins dramatique, car leur retard les rend probablement moins affectés par les deux anticyclones que les cinq bateaux de tête.
Pour le reste, ce sont encore les suites de l'abandon du co-favori Vincent Riou et de son "PRB" qui ont dominé les discussions entre les skippers hier. Après une collision avec un tonneau, le Français a dû renoncer à ses projets de réparation des dommages subis par l'étrave et les haubans. Il a donc été éliminé de la course.

Rédacteur Voyage