Tatjana Pokorny
· 27.10.2023
L'idée de base de quatre parcours de longueurs différentes au sein d'une même course est bonne et a déjà fait ses preuves lors de la 15e Transat Jacques Vabre. Il y a deux ans déjà, la course avait abouti à une arrivée compacte à Fort-de-France, en Martinique, après un départ commun devant Le Havre. Les navigateurs, les organisateurs, les observateurs et les fans en profitent tous de la même manière.
Le principe de base fonctionne ainsi dans la Transat Jacques Vabre : La flotte des Class 40 reste dans l'Atlantique Nord avec ses 44 bateaux et doit parcourir plus de 4 500 milles. Elle doit également passer par l'île de Sal, située à la limite nord-est du Cap-Vert, ce qui fait de sa "Route du Café" la plus longue course transatlantique pour la classe.
Les Ocean Fifties et les Imocas feront une incursion dans l'Atlantique Sud, les Imocas devant passer par les îles rocheuses de Saint-Pierre-et-Saint-Paul, situées à près de 1 000 kilomètres de la côte nord-est du Brésil dans l'Atlantique, et les multicoques devant passer par l'archipel brésilien de Fernando de Noronha, c'est-à-dire se diriger un peu plus au sud. Il y a plus de 6000 miles nautiques à parcourir.
Les Ultims, qui se déplacent à une vitesse vertigineuse, sont envoyés encore plus au sud, jusqu'à l'île tropicale de 88 kilomètres carrés de l'Ascension, entre l'Afrique et l'Amérique du Sud, avant de pouvoir mettre le cap sur la Martinique. Ils devront parcourir environ 7 000 miles nautiques. Au total, une flotte record de 95 bateaux est en lice. Les plus petits bateaux constituent la plus grande flotte avec 44 Class 40 Racers, suivis par les Imocas avec une imposante quarantaine de partants. Six équipages Ocean-Fifty et cinq géants Ultim garantissent le plaisir frénétique des multicoques.
Afin de mettre tout le monde en sécurité sur le parcours, chaque classe a son propre groupe de départ. Les plus rapides peuvent quitter les stands de départ en premier : Le tenant du titre Ultim "Edmond de Rothschild" et ses quatre rivaux "Banque Populaire", "SVR Lazartigue", "Sodebo Ultim 3" et "Actual Ultim 3" ouvriront la Transat Jacques Vabre à 13h05. Suivront les Ocean Fifties à 13h17, les Imocas avec les trois concurrents allemands Boris Herrmann ("Malizia - Seaexplorer"), Isabelle Joschke ("Macsf") et Andreas Baden ("Nexans - Art & Fenêtres") à 13h29. Ensuite, le peloton des Class 40 sera lancé avec Lennart Burke et Melwin Fink sur "Sign for Com" à 13h41.
Le directeur de course Francis Le Goff déclare : "Il y aura quatre duos de vainqueurs. L'objectif est qu'ils arrivent tous à peu près en même temps. Ainsi, à l'arrivée, tous - quelle que soit leur catégorie - pourront bénéficier de la même attention et de la même couverture médiatique". L'arrivée est prévue pour le 12 novembre, soit une durée de course de deux semaines. Les experts savent que cela peut durer quelques jours de plus si les vents faiblissent en direction des Caraïbes.
C'est une zone maritime très exigeante" (Boris Herrmann)
Le fait qu'il ne soit jamais possible de faire des pronostics très précis lors d'une course transatlantique est également dû à la longueur du parcours. Les Imoca, par exemple, ont presque un cinquième du parcours de l'Ocean Race autour du monde à parcourir, avec un départ froid et orageux dans la Manche et le golfe de Gascogne, un saut au-dessus du Grand Étang et une finale chaude, voire molle, dans les Caraïbes. De nombreux obstacles, notamment météorologiques, doivent être surmontés.
Le skipper de "Malizia - Seaexplorer", Boris Herrmann, connaît la course. Lors de sa première édition avec le co-skipper Will Harris en 2019, le Hambourgeois avait terminé douzième après une erreur de navigation. L'homme de 42 ans parle du défi à venir dans la Transat Jacques Vabre : "La Transat est un mélange d'exercice de routine et de grande course à travers l'Atlantique, l'Atlantique Nord hivernal et sauvage, avec un départ dans le golfe de Gascogne. Il peut s'y passer toutes sortes de choses. Les défis de naviguer à travers la Manche et au coin de la Bretagne sont toujours similaires dès le début. C'est une zone de navigation très exigeante".
Nous sommes prêts et pensons que nous pouvons maîtriser les creux classiques de la course d'automne" (Melwin Fink)
Des épreuves difficiles attendent également le seul duo entièrement allemand. Lennart Burke et Melwin Fink s'apprêtent à disputer leur première Transat Jacques Vabre sur "Sign for Com". "Ce sera dur, nous nous y attendons. Mais nous sommes aussi confiants. Notre bateau a bien résisté à 50 nœuds lors de la traversée vers La Havre. Nous sommes prêts et pensons pouvoir affronter les dépressions automnales classiques de la course", explique Melwin Fink. Par mesure de précaution, son équipe a embarqué des provisions pour 20 jours. "Mais nous espérons que cela se limitera à 15 ou 16 jours en mer", ajoute Fink.
Au cœur du Bassin de l'Eure au Havre, les équipages des géants XXL-Ultim de 32 mètres de long et 23 mètres de large attendent eux aussi avec impatience le départ de la course. C'est ici que Charles Caudrelier, triple vainqueur de la Transat et tenant du titre, se réjouit du défi qui l'attend, qu'il relèvera cette fois-ci avec Erwan Israël, extrêmement expérimenté et très compétent en tant que navigateur.
La Transat Jacques Vabre est une de mes régates préférées" (Charles Caudrelier)
L'appréciation de Caudrelier : "La Transat Jacques Vabre est l'une de mes régates préférées ! C'est l'épreuve où je me suis lancé pour la première fois dans la course au large, d'abord en monocoque, puis en multicoque, et où j'ai remporté quelques-unes de mes plus belles victoires. Le parcours et le format en double nous permettent d'exploiter le véritable potentiel de nos machines, ce qui donne toujours lieu à quelques courses très disputées".
Caudrelier s'attend à un "début agité" et à "une course plutôt instable à très instable, car il y a beaucoup de mouvements sur l'Europe et l'Atlantique Nord". De plus, l'anticyclone des Açores ne se trouve pas dans sa position habituelle, de sorte que des dépressions se déplaceront sur l'Atlantique Nord et repousseront les alizés favorables assez loin vers le sud. Pour Caudrelier, ce n'est qu'un défi de plus : "Cela promet un choix de route intéressant".
La chaîne de télévision allemande NDR retransmettra le départ dimanche (29 octobre) en version originale anglaise à partir de 13 heures dans son livestream (ndr.de). Les organisateurs de la course proposent des trackers en direct sur leur site Internet. Page d'accueil mais aussi les équipes. Le tracker de l'équipe de Boris Herrmann Malizia, accompagné d'autres informations, est ici à trouver.

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