La première nuit a apporté de bonnes conditions, avec une vitesse de bateau d'environ 20 nœuds, et le peloton progresse rapidement vers le nord-ouest, il aura bientôt quitté le golfe de Gascogne. Mais une dépression orageuse arrive aussi de l'ouest, ce qui complique la tâche des skippers : en effet, la contrepartie est un anticyclone au large du Portugal, qui bloque la route directe vers le sud via les Canaries.
Un groupe de tête plus important s'est formé, avec des conditions un peu plus favorables au nord-ouest que les bateaux plus au sud, mené par le "Corum L'Épargne" de Nicolas Troussel, qui affiche une allure étonnante pour un bateau terminé si près de la course. Même le favori "Charal" (Jérémie Beyou) n'a pas pu suivre le rythme par endroits.
Boris Herrmann fait également partie de ce groupe de nouveaux bateaux et est bien placé dans la course. Parmi les bateaux récents et rapides, seul Alex Thomson a dû lâcher un peu de lest avec son "Hugo Boss", il a perdu quelques milles après avoir longtemps navigué à égalité hier, à proximité de Boris Herrmann. Le Britannique a fourni aujourd'hui dans la mise à jour vidéo l'explication de son retard : il a d'abord attrapé un filet de pêche avec son foil, qu'il a dû retirer, puis l'écoute a glissé de la pince lors d'un changement de voile, ce qui lui a coûté environ six milles, selon ses dires.
Pour l'instant, les skippers progressent au vent, mais ils vont probablement virer de bord dans le courant de la journée pour faire un peu de route vers le sud plus tard, avant de devoir reprendre une route plus à l'ouest pour traverser la dépression. Un départ tactique et délicat qui s'accompagne cette nuit et ce matin d'un vent soutenu de plus de 35 nœuds en moyenne et de vagues pouvant atteindre 5 mètres - le premier test pour les skippers et le matériel.
Boris Herrmann a envoyé une courte vidéo du départ, où il navigue à égalité avec "Arkéa Paprec".
Les premiers problèmes techniques sont également apparus. Fabrice Amedeo a dû faire demi-tour hier avec son "Newrest - Art & Fenêtres" et rentrer aux Sables d'Olonne à 50 milles nautiques, car une drisse de son gennaker s'est accrochée en haut du mât et il n'a pas pu la débloquer. Il a toutefois l'intention de reprendre la course aujourd'hui. Thomas Ruyant a lui aussi rencontré les mêmes problèmes sur son "Linked Out", mais il a pu récupérer sa voile et devra sans doute grimper dans le mât lors des premières conditions calmes.

Rédacteur Voyage