Les îles Crozet, au sud du groupe de tête du Vendée Globe, sont passées. Pour le début de la cinquième semaine en mer, le skipper d'"Apivia" Charlie Dalin a défendu son avance sur le deuxième, Thomas Ruyant ("LinkedOut"), mais a dû y laisser quelques plumes. Ruyant a gagné un peu de terrain malgré une tactique défensive et a réduit son retard même avec une aile cassée. Le troisième, Louis Burton, a en revanche reculé en ralentissant. Boris Herrmann a lui aussi perdu des milles pendant la nuit, a reçu le virement de bord de l'avant plus tard, mais navigue entre-temps à nouveau dans des conditions plus stables. Lundi matin, il n'était pas possible d'obtenir des données actuelles sur les milles, car pour la première fois, la mise à jour du tracker se faisait attendre et n'offrait, même à 10 heures, heure allemande, que les positions de 5 heures du matin.
Charlie Dalin a atteint des vitesses moyennes de 18 à 21 nœuds. Son chasseur Ruyant résumait ainsi les sensations de navigation actuelles à la fin de la 29e journée en mer : "C'est très sportif ce matin. Il faut être capable de vivre avec ces vitesses". Boris Herrmann a rapporté que sa nuit avait été "sûre, mais pas rapide", car d'autres bateaux avaient obtenu le virement de bord plus proprement que - un peu plus tard - le "Seaexplorer - Yacht Club de Monaco", qui a dû faire face à des conditions de virement inhabituelles.
Montré en accéléré : Le travail de Boris Herrmann dans le cockpit
Alors que presque tous les bateaux du groupe de tête naviguent plutôt vers le nord pour profiter de meilleures conditions et éviter le centre de la tempête avec des vents de plus de 40 nœuds, c'est Louis Burton ("Bureau Vallée 2") qui a une fois de plus fait route vers le sud en direction des Kerguelen et semble y chercher son bonheur, alors que la dépression actuelle se dirige lentement vers l'est comme une bande orientée nord-sud.
Thomas Ruyant explique : "Cette zone de basse pression s'est formée pendant plusieurs jours le long du front. J'essaie de trouver la route la plus sûre possible et d'adapter ma vitesse à la direction que je souhaite prendre. Dans la mesure du possible, je veux éviter les hautes vagues et les vents forts en son centre. Ce n'est pas facile de trouver la meilleure route, mais les conditions vont s'améliorer à partir de demain. Nous avons tous à peu près la même idée : nous déplacer vers le nord par rapport au centre de ce système. La mer sera assez agitée. Je vais chercher le meilleur endroit possible pour protéger mon bateau et moi-même".
Le navigateur en solitaire hambourgeois Jörg Riechers, qui a lui-même récemment annoncé une campagne pour le Vendée Globe 2024, commente la course en cours à intervalles réguliers sur les réseaux sociaux. Dans le post actuel, il écrit entre autres sous le titre "Quand les choses vont mal, les choses difficiles vont mal".:
"Le tube des années quatre-vingt de Billy Ocean est le scénario du moment de la quatrième semaine du Vendée Globe. Il crée de belles surprises et révèle de nouveaux acteurs dans le jeu. Qui aurait pu penser, en toute lucidité, que Louis Buton serait en troisième position - personne ! Une autre belle surprise est le fait que les vieux bateaux peuvent toujours être dans le jeu s'ils sont navigués avec une mentalité d'hôte. C'est un plaisir de voir Jean Le Cam, Benjamin Dutreux et Damien Seguin rivaliser avec le groupe des chasseurs. Aucun des trois n'a un gros budget, mais ils font une course d'enfer".
En milieu de tableau, Romain Attanasio ("Pure - Best Western Hotels and Resorts") et Clarisse Crémer ont enfin bénéficié de meilleures conditions. Dans des vents de 15 à 20 nœuds, les skippers classés 12e et 13e ont pu parcourir près de 390 milles. Le quatuor, qui avait franchi dimanche la longitude du Cap de Bonne Espérance en passant au sud du "Sodebo Ultim 3" qui passait devant lui dans sa tentative de record Jules Verne, continue de se débattre dans des vents légers, bien que la limite des glaces imposée par le comité de course soit déjà atteinte à environ 44 degrés sud. C'est le cas du Suisse Alan Roura ("La Fabrique") et des Français Armel Tripon ("L'Occitane en Provence"), Stéphane Le Diraison ("Time for Oceans") et Arnaud Boissières ("La Mie Câline - Artisans Artipôle"). "Que nous ayons autant de problèmes avec cet anticyclone, c'est incroyable", a soupiré Stéphane Le Diraison lors d'une interview radio. En même temps, le quatuor a en vue une zone de basse pression qui se déplace de Port Elizabeth vers le sud. Le Diraison a déclaré : "Cela ne me plaît pas du tout : les prévisions incluent des vents nettement supérieurs à 50 nœuds et des vagues de plus de six mètres".

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