Le leader Charlie Dalin a atteint dimanche matin le deuxième cap de la route des trois caps et a franchi la longitude du cap Leeuwin. Le dominateur des dernières semaines a cependant de nouveau perdu des milles pendant la nuit par rapport à ses deux poursuivants les plus tenaces. Au matin du troisième jour de l'Avent, le chasseur Thomas Ruyant s'est rapproché de lui à 67 milles, malgré un foil cassé. Yannick Bestaven a gagné du terrain encore plus rapidement ces derniers jours. Le skipper le plus rapide de la flotte de l'Océan Indien a réduit son retard sur Dalin à 69 milles nautiques et, à 20 milles nautiques à peine au nord de Ruyant, il se livre à un passionnant duel d'étrave à étrave avec son compatriote dans la chasse à Dalin.
Il y a à peine deux semaines, Dalin avait encore 240 milles d'avance sur Ruyant au cap de Bonne-Espérance. Bestaven avait alors 340 miles nautiques de retard sur la coque jaune de l'"Apivia" de Dalin. Mais cette confortable avance de Dalin est en train de fondre comme neige au soleil. Bestaven a impressionné dans l'océan Indien, s'est bien positionné et n'a pas subi de dommages majeurs. Le fait qu'il ait dû parcourir des milles supplémentaires en tant que participant à l'opération de sauvetage de Kevin Escoffier a presque été oublié au vu de sa position en tête du peloton. Il peut s'attendre à ce que le comité de course lui accorde une bonification en temps, ce qui pourrait théoriquement permettre à Bestaven de prendre la tête du peloton.
Le groupe de poursuivants est mené par le champion paralympique Damien Seguin, toujours aussi performant, qui occupe la quatrième place et se dirige vers le cap Leeuwin, nez à nez avec son mentor Jean Le Cam, avec environ 250 milles de retard sur Dalin. Boris Herrmann a repris la huitième place à la franco-allemande Isabelle Joschke, malgré une réparation enfin réussie de sa voile d'avant principale qui lui faisait cruellement défaut ces dernières semaines. Le skipper de 39 ans de "Seaexplorer - Yacht Club de Monaco" a réussi à réparer son J2 dimanche matin et a couru après les leaders avec 340 milles de retard sur Dalin. Herrmann a apprécié les conditions plus clémentes au petit matin du troisième jour de l'Avent : "Enfin ! Les premiers moments de soleil et de paix depuis l'anticyclone de Sainte-Hélène". En direct avec ses amis allemands et français, ses soutiens et sa famille à Hambourg, Herrmann a profité de nombreux encouragements et d'un vent de soutien venant du pays.
Boris Herrmann a dressé un bilan intermédiaire à la fin de cinq semaines en mer :
"Mon bateau se porte bien après presque cinq semaines en mer. Je l'espère en tout cas, car certains dommages ou la fatigue ne sont pas toujours visibles de l'extérieur. L'espoir et la crainte restent donc de la partie. Touchons du bois, car on demande beaucoup au bateau. Physiquement, je vais bien. Mentalement, je vais bien. La semaine dernière, il y a eu des jours où je me suis senti seul. C'était parfois douloureux. Heureusement, ce sentiment a presque disparu maintenant. Mais cela peut changer d'une minute à l'autre. Je me sens un peu à la merci de mes émotions. Mon médecin du sommeil à Hambourg, le docteur Holger Hein, m'a dit qu'en cas de sommeil polyphasique, c'est-à-dire de sommeil en unités courtes, il est normal d'avoir un autre taux d'hormones et de percevoir davantage les émotions. Mon bilan intermédiaire est toutefois positif. Jusqu'à présent, j'ai pu tout préserver : moi et le bateau. Je n'ai dépassé mes limites qu'une seule fois, en grimpant dans le mât. Sinon, j'ai agi avec prudence et délicatesse. Si la mer me laisse faire, je peux attaquer. Si la mer me laisse la voie libre, nous y serons".
Peu avant d'atteindre la longitude du cap Leeuwin, Boris Herrmann a réussi à réparer le J2

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