Les nerfs sont probablement à vif : pour le troisième jour consécutif, les six leaders de l'Open 60 tâtonnent autour de l'anticyclone qui se trouve devant eux et qui se déplace si lentement et de manière si imprévisible que tout le monde craint de rester coincé dans le calme juste au centre, tandis que le reste du peloton continue de naviguer.
Thomas Ruyant a décrit la situation hier de la manière suivante :
"Le ciel est un peu gris, la mer assez plate, j'ai mis toute la voilure que j'ai. Je maintiens le bateau dans un angle de vent qui lui permet de rester en mouvement et de ne pas ralentir, de se diriger en quelque sorte vers l'est. Il fait beaucoup moins froid. Ce sont des conditions de vent très faibles, on va avoir ça encore quelques jours, ce ne sont pas les meilleures conditions pour nos bateaux. Nous avons des coques qui ont beaucoup de résistance dans l'eau avec les foils. C'est une Vendée lente cette fois-ci, alors que nos beaux bateaux sont capables de naviguer très vite. Depuis la fin de l'Atlantique, nous avons des conditions qui ne nous permettent pas de naviguer vraiment vite. Mais c'est une course, pas un record, c'est ce qui fait la différence. L'important, c'est de se positionner correctement, d'être là avant les autres. C'est toujours super d'établir un nouveau record à l'arrivée, mais ce ne sera pas le cas cette fois-ci. Je ne suis d'ailleurs pas pressé de rentrer chez moi tant que les bars du Lockdown sont fermés !"
Boris Herrmann a envoyé hier une vidéo montrant une petite visite du pont du bateau, qui montre à quel point les conditions sont calmes, on dirait presque une journée tranquille en Méditerranée.
Une visite du pont par Boris Herrmann
Louis Burton a effectivement réussi hier soir à rester tant bien que mal dans le système météo du groupe de tête avec son "Bureau Vallée 2". S'il gère bien le front de la tempête qui l'atteindra demain, il pourrait continuer à rejoindre les leaders, distancés de plus de 800 milles nautiques, alors qu'il réparait son rail de mât de grand-voile.
La situation est amère 1000 milles plus loin dans le peloton : Clarisse Cremer ("Banque Populaire") et Roman Attanasio ("Pure Best Western") sont maintenant pris dans un vent de face, ont dû s'écarter hier de la direction d'arrivée et naviguent maintenant presque exactement vers le nord. Armel Tripon et son bateau "L'Occitane" ont ainsi pris de la vitesse pour se retrouver aujourd'hui dans le calme.

Rédacteur Voyage