Tatjana Pokorny
· 25.01.2021
Les uns tentent de longer le cap Finisterre de plus près, les autres plus loin en mer avec une approche dans le golfe de Gascogne par le nord-ouest. Mardi matin, Charlie Dalin ("Apivia"), skipper en tête du "groupe Finisterre", n'était plus à 500 milles de l'arrivée. Le vainqueur de la nuit dans ce groupe de tête a été Boris Herrmann ("Seaexplorer - Yacht Club de Monaco"), qui a progressé à la deuxième place du classement et a ainsi une fois de plus alimenté les rêves de victoire de ses fans. Presque à égalité au classement, le troisième Louis Burton - comme Herrmann avec 85 milles de retard sur Dalin - avait lui aussi les yeux rivés sur la ligne salvatrice de la perspective du Finisterre, mais s'est finalement orienté plus au nord. A environ 400 milles au nord-ouest de Dalin et avec un retard de 297 et 343 milles sur le leader, le groupe de poursuivants qui s'est échappé s'est battu pour le rejoindre. Thomas Ruyant et Yannick Bestaven ont certes subi des pertes dans un premier temps, mais ils espèrent tirer profit de leur investissement tout au long de la journée dans des vents de plus en plus forts. Ce 26 janvier pourrait être une journée décisive.
Vers la fin de la 79e journée en mer, Boris Herrmann a simultanément repris des milles supplémentaires à Louis Burton, qui le précédait de peu. Dans le groupe "Nord", c'est Thomas Ruyant ("LinkedOut") qui a réalisé l'étape la plus rapide avec 411 milles en 24 heures. Lorsque le 80e jour de mer commencera dans l'après-midi, le chapitre final de ce sprint à bout de souffle sera ouvert - l'épreuve de force approche, l'intensité de la lutte ne fera que croître jusqu'à la fin. Et ce d'autant plus que le golfe de Gascogne pourrait offrir des vents plus légers à l'approche de l'arrivée, ce qui permettrait aux poursuivants de réduire leur retard sur les bateaux de tête, qui pourraient alors ralentir.
Telles étaient les perspectives de Boris Herrmann lundi après-midi. Entre-temps, ses perspectives se sont même améliorées
La chaîne de télévision allemande ZDF a consacré lundi un reportage au Vendée Globe et à la raréfaction des vivres.
En France, le quotidien "Libération" titrait mardi matin : "Vendée Globe : Herrmann, le coup final allemand". Dans la patrie du Vendée Globe, on perçoit depuis longtemps le "danger" réel qu'un Allemand puisse mettre fin à la série de victoires des héros français du Vendée Globe, qui dure depuis trois décennies, et qu'il soit bon pour au moins une place sur le podium. Boris Herrmann navigue vers l'arrivée avec un crédit de six heures suite à sa participation à l'opération de sauvetage de Kevin Escoffier dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre. Ses poursuivants Yannick Bestaven ("Maître Coq IV"), cinquième, et Jean Le Cam ("Yes We Cam"), huitième, peuvent déduire 10 heures et 15 minutes (Bestaven) et même 16 heures et 15 minutes (Le Cam) de leur temps de navigation total. Les fans peuvent désormais le faire sur l'application Vendée-Globe et dans les rapports de position sur la Page d'accueil voir lorsqu'ils passent de l'icône du mode suivi à celle du mode placement (petit podium) sur le bord gauche de la carte. Si l'on clique sur les skippers qui naviguent avec des crédits de temps, l'indication apparaît. Les temps ne sont toutefois soustraits qu'après le passage de la ligne d'arrivée. Bon à savoir également : dès que le bateau de tête n'est plus qu'à 200 milles de la ligne d'arrivée, les rapports de position sont actualisés toutes les 30 minutes sur le site du Vendée-Globe. Si le leader n'est plus qu'à 60 milles de la ligne, les mises à jour sont effectuées toutes les cinq minutes.
Entre-temps, la direction de course a allongé la ligne d'arrivée de 0,3 à 1,9 mille nautique, ce qui, conformément à l'article 9.1 des instructions de course, permet à plusieurs bateaux de franchir la ligne d'arrivée en même temps. Selon les dernières prévisions, les premiers Imoca sont attendus à l'arrivée devant les Sables-d'Olonne à partir de mercredi après-midi. Après différents routages et calculs, la lutte pour la victoire pourrait toujours se jouer dans un duel de calcul entre Boris Herrmann et Yannick Bestaven, dont les bonifications de temps pèseront lourd à l'arrivée.
Boris Herrmann a déclaré lors de la phase finale : "Je suis en mode noir et blanc, j'hésite entre me mettre la pression et en profiter. Tous mes amis et ma femme me disent que je ne dois pas laisser la pression m'atteindre ainsi. Que tout va bien. C'était une course incroyable, et je dois juste faire de mon mieux et en profiter. Ensuite, nous verrons..." Les fans verront aussi, car la chaîne de télévision NDR retransmettra la finale en direct avec le présentateur Peter Carstens et le co-commentateur Tim Kröger. Elle sera visible en ligne sur YACHT - voir aussi notre teaser ! Nous vous informerons des horaires exacts mercredi matin.

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