"C'est certes ensoleillé et il y a du vent, mais c'est aussi un voyage assez cahoteux, les nerfs sont tendus", rapporte l'Allemand depuis le bord de son "Seaexplorer". De temps en temps, les alarmes se déclenchent parce que le bateau vole trop haut et s'écrase durement sur une des vagues.
Mais Herrmann se montre satisfait, il essaie de trouver un bon équilibre entre la vitesse et la préservation du bateau. Avant le départ, il avait confié à YACHT que ces bateaux avaient "le potentiel de s'autodétruire" et que c'était au skipper de l'éviter en lâchant les gaz au bon moment. Cela se traduit ensuite par le fait que l'Allemand navigue de nuit de manière un peu plus défensive, soit en touchant le fond, soit en réglant le pilote automatique de manière à ce qu'il descende plus rapidement s'il y a trop de pression.
Nouvelles de "Seaexplorer
Mais cela a un prix : avec pas tout à fait 420 milles en 24 heures, Herrmann navigue nettement moins vite que le "PRB" de Kevin Escoffier ou les deux "Maître Coq VI" de Yannick Bestaven et le "Bureau Vallée II" de Louis Burton, qui ont le même âge. Les deux naviguent 20 ou 30 milles de plus en moyenne, et sur "Bureau Vallée II", avec lequel il était encore à égalité il y a quatre jours, Herrmann a perdu entre-temps 50 milles. Tous des bateaux avec lesquels "Seaexplorer" pourrait en principe rivaliser.
L'Arkéa Paprec de Sébastien Simon s'envole dans les conditions d'alizé et se rapproche à grands pas de l'arrière du bateau. Après un départ poussif et une gestion tactique peu heureuse des premières tempêtes, le speed-dragrace semble désormais convenir au skipper et au bateau. Avec 507 milles en 24 heures, il a été le plus rapide et a gagné environ 80 milles en une seule nuit sur Boris Herrmann. Depuis le bord, Simon signale que son bateau décolle brutalement dans les vagues et se pose de temps en temps de manière appropriée.
Tactiquement, il prédit une course qui mènera très tôt loin au sud, tout près de la limite des glaces : "Nous devons contourner cet anticyclone, c'est pourquoi nous naviguons si près des côtes du Brésil. Ensuite, il y aura un front difficile, ce sera une route extrêmement méridionale. Nous devrons certainement chercher la glace beaucoup plus tôt qu'au Cap Horn. En tout cas, ce ne sera pas une route très directe, cette bonne route pour un nouveau record de Vendée !"
Aujourd'hui, le suspense est également de mise en tête de course. Le "Hugo Boss" d'Alex Thomson n'a plus qu'une très courte avance de huit milles sur le "Linked Out" de Thomas Ruyant. Ce dernier et "Apivia", qui navigue derrière, ont toujours été nettement plus rapides que le Britannique ces derniers jours, il sera intéressant de voir si Ruyant parviendra à se hisser en tête aujourd'hui. Thomson suit la route la plus à l'ouest, espérant ainsi obtenir de meilleurs angles de vent pour son bateau, tandis que Ruyant suit la route la plus directe, nettement plus à l'est. "Apivia" s'est positionné exactement au milieu. Qui aura l'avantage au Cap de Bonne Espérance ?
Plus loin, Nicolas Troussel est arrivé entre-temps au Cap-Vert avec son "Corum" démâté.

Rédacteur Voyage