C'est devenu une sorte de rituel : le vendredi, l'Allemand fait un zoom depuis le bord de son "Seaexplorer" et répond aux questions des journalistes sur le déroulement de sa course, comment il se sent, ce qui est défectueux à bord, comment il évalue la concurrence. Aujourd'hui, c'est un Boris Herrmann qui a de nouveau l'air un peu fatigué qui nous a contactés, il nous raconte qu'il n'a pratiquement pas dormi. Le vent souffle en rafales, tantôt 12 nœuds, tantôt plus de 20, il faut sans cesse intervenir, sinon le bateau va tout simplement trop vite.
"Les conditions sont toujours difficiles, nous ne pouvons pas faire grand-chose avec les foils. Dans les rafales, le bateau devient tout simplement trop rapide, mes foils sont rentrés !" C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles les non-foilers et les vieux foilers tiennent si bien le coup, comme Jean Le Cam. "Jusqu'à présent, nous n'avons guère eu les conditions pour les nouveaux foilers dans l'océan Indien. Mais ils vont venir !"
L'Allemand n'a toujours pas pu s'attaquer aux réparations urgentes des hydrogénérateurs endommagés et de la fermeture éclair du J2. "Il ne fait aucun doute que je peux les réparer, mais j'ai besoin d'une fenêtre météo avec très peu de vent. Cela n'arrivera pas avant quatre ou cinq jours. Le J2 me manque énormément ici. C'est difficile de trouver un compromis pour bien passer".
La météo est désormais un véritable fardeau pour Boris Herrmann : "J'en ai assez de tout ce brouhaha et de ces coups, j'aimerais retrouver des conditions normales et paisibles. C'est encore plus dur maintenant que dans le front de la tempête, car le vent est si inconstant".
Il raconte également qu'il a créé un groupe Whatsapp avec les autres participants et qu'il échange beaucoup avec eux. "Cela nous rapproche les uns des autres. L'un d'entre eux veut abandonner aujourd'hui, je l'ai encouragé, un autre fête son anniversaire, un autre encore a un problème de rame. Nous parlons aussi avec Sam Davies, qui répare son bateau au Cap. Tout cela nous change agréablement" !
Entre-temps, il commence aussi à trouver son rythme. "La semaine dernière, j'avais encore beaucoup de mal avec la solitude, cela s'améliore maintenant".
A propos de la course étonnamment serrée entre les nouveaux et les anciens bateaux, les foilers et les non foilers, Herrmann déclare : "Nous avions imaginé tout cela un peu différemment. Mais c'est simplement parce que nous n'avons pas encore pu exploiter le potentiel de vitesse de nos plus grands foils".
Il a résumé ainsi la manière dont il se motive, les petits objectifs qu'il se fixe : "Mon objectif est de dépasser Damien Seguin ("Groupe Apicil") et de réduire l'écart avec Yannick Bestaven ("Maître Coq"). J'ai longtemps navigué avec lui, je veux me rapprocher de lui" ! Il n'accorde pas trop d'importance au fait qu'il gagne actuellement des milles sur les leaders : "Ils partent un peu dans le calme, nous remontons. Mais ils repartent aussi plus tôt. C'est plutôt un effet d'élastique". Actuellement, le retard d'Herrmann sur la tête de course n'est que de 250 milles nautiques.
Les impressions en direct de Thomas Ruyant, qui montrent bien à quel point la vie à bord est difficile en ce moment.
Mais ce que l'Allemand ne savait pas encore avant la mise à jour de midi, c'est que dans le classement de midi, "Apivia" était très lent pour la troisième fois consécutive, naviguant près de huit nœuds plus lentement que ses poursuivants. Et le "LinkedOut" de Thomas Ruyant s'est déjà rapproché à environ 100 milles d'"Apivia" ; le "Maître Coq" de Yannick Bestaven, qui a repris la troisième place à Louis Burton ("Bureau Vallée 2") pendant la nuit, n'est qu'à 128 milles. La météo ne semble pas être la seule responsable d'une vitesse de bateau aussi lente, ce matin parfois autour de 5 nœuds, maintenant autour de 10. Reste donc à savoir si Dalin a un problème technique à bord qui le rend actuellement lent. Il sera intéressant de voir comment tout cela va se poursuivre lors des prochaines mises à jour de position à 15h00 et 18h00.

Rédacteur Voyage