RégateVendée Globe : "Apivia" en tête, des combats passionnants derrière

Andreas Fritsch

 · 29.11.2020

Régate : Vendée Globe : "Apivia" en tête, des combats passionnants derrièrePhoto : Sam Davies/Initiatives - Coeur
A eu une nuit difficile : Sam Davies
Charlie Dalin passe le Cap de Bonne Espérance aujourd'hui. Boris Herrmann est un peu distancé dans le groupe des poursuivants. Mais il rattrape Thomas Ruyant

Pour l'Allemand, le week-end a été difficile, comme il le raconte dans un message vidéo depuis le bord. Il a du mal à faire naviguer son bateau rapidement dans une mer désagréable et encore relativement courte, "l'étrave reste toujours coincée dans une vague". Il reste également fidèle à son approche de la navigation sûre et défensive de son bateau, ce qui se traduit par un retard douloureux et sans cesse croissant sur les bateaux qui l'entourent et dont les skippers poussent plus fort. Ce week-end, Sébastien Simsons a vu passer "Arkéa Paprec", qui enregistre de manière très constante des vitesses moyennes élevées et qui a maintenant 40 milles d'avance sur Boris Herrmann. Le Français fait une très bonne course, progressant lentement mais sûrement vers l'avant. Une performance de taille, car son nouveau bateau a dû faire face à une troisième rupture de foil jusqu'à la veille du départ, ce qui a entraîné un nouveau changement de forme (C au lieu de L).

Boris Herrmann de l'Océan Austral

Le duo Yannick Bestaven (" Maître Coq ") et Kevin Escoffier (" PRB "), avec lequel Herrmann naviguait encore à égalité directe il y a quelques jours, continue également de creuser l'écart. Seule lueur d'espoir : "Grand-père" Jean Le Cam, qui navigue sur son "Yes we Cam" en tant que meilleur non-foiler à la quatrième place, rattrape maintenant lentement mais sûrement le groupe grâce à la vitesse plus élevée des foilers. Si les choses continuent ainsi, Herrmann pourrait bien rattraper l'homme de 61 ans d'ici quelques jours.

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Le Britannique Alex Thomson, qui a été éliminé, n'a pas expliqué comment il avait été victime d'une avarie de gouvernail :

  Situation de la course ce matinPhoto : Vendée Globe Situation de la course ce matin

Je naviguais à 21 nœuds de moyenne avec un petit gennaker et le premier ris. J'étais sous le pont lorsqu'il y a eu un grand bruit et que le bateau a immédiatement pris beaucoup de roulis. Le gouvernail était bloqué et tout ce que je pouvais faire, c'était d'enrouler les voiles. Une fois sur le pont, j'ai pu voir que le safran était cassé et se balançait, avec un gros morceau d'équipement de pêche coincé dedans. J'ai donc dû heurter quelque chose. Maintenant, je dois faire naviguer le bateau assez droit jusqu'au Cap avec un seul aviron. C'est un grand malheur. Après la réparation, j'avais encore l'impression que je pouvais gagner. Je suis dévasté".

Le suspense est également présent plus loin dans le peloton. Depuis quelques jours, la franco-allemande Isabelle Joschke navigue assez rapidement. Avec son "MACSF", elle a continué à progresser et se trouve désormais à la 13e place, se rapprochant de Sam Davies, meilleure femme du peloton avec son "Initiatives-Cœur", qui ne navigue plus qu'à 50 milles devant elle. La Britannique a vécu son premier "wipe out" dans une rafale de 40 nœuds, comme elle l'a écrit depuis le bord : "J'ai empanné juste avant les îles Gough, juste après le front dans 25 nœuds de vent. Mais le vent est vite remonté, alors j'ai fait rouler le grand A7. Juste à temps, puis la première grosse rafale est arrivée avec 40 nœuds. Le bateau a donc été jeté à plat sur le côté, et une belle vague haute et glacée a déferlé sur nous. Desserrer un peu toutes les écoutes pour que le bateau se remette debout et tombe, mais pas trop loin pour que ce ne soit pas un empannage patenté !

La 3e mise à jour hebdomadaire de la direction de la course

La partie difficile est alors de trouver un réglage et une voile qui conviennent pour 22 et 42 nœuds de vent ! Ce n'est pas si facile quand on navigue seul et que l'on a besoin de dormir. C'est un compromis frustrant entre le fait de naviguer trop lentement pendant de nombreuses heures et les moments où ton cœur s'emballe parce que ton bateau accélère énormément dans une rafale et que tu es trop rapide.

Mais la nuit est passée, rien n'a été cassé et le vent va baisser un peu aujourd'hui. Plus tard, il devrait être possible de mettre le grand gennaker et de naviguer un peu plus vite. D'ici là, je vais aller sous le pont et mettre des chaussettes plus épaisses, mes pieds sont des blocs de glace" !

Davies a longtemps navigué presque à égalité avec le "Bureau Vallée 2" de Louis Burton, qui a toutefois été nettement plus rapide durant le week-end. Il est le plus au sud de la flotte, juste avant la limite des glaces définie par la direction de course. Le Breton navigue énormément et pourrait même passer devant le groupe de poursuivants autour de "LinkedOut" de Thomas Ruyant. Ruyant ne navigue plus qu'avec un foil et est nettement plus lent sur bâbord, si bien que Kevin Escoffier le rattrape peu à peu sur "PRB".

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Andreas Fritsch

Andreas Fritsch

Rédacteur Voyage

Andreas Fritsch est né en 1968 à Buxtehude et navigue depuis son enfance sur l'Elbe, puis sur la Baltique, d'abord en dériveur, puis sur ses propres quillards. Après des études de sciences politiques, de littérature allemande et d'histoire à Münster, il a commencé à travailler comme journaliste et a rejoint la rédaction de YACHT en 1997. Depuis 2001, il se concentre sur les thèmes du voyage et du charter, ce qui l'amène à naviguer dans presque toutes les zones de navigation du monde et à affréter régulièrement des bateaux, surtout en Méditerranée, où sa zone de prédilection est la Grèce. Il a écrit deux guides de navigation pour la Méditerranée (Guide de la mer Ionienne et Guide de la côte turque). Outre les voyages, il est fan de la scène Open 60 et Maxi Tri et écrit régulièrement sur ces sujets dans YACHT. Depuis quelques années, il navigue sur la mer Baltique avec un classique en fibre de verre de type Grinde.

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