Jusqu'à 20 membres de l'équipe ont travaillé jour et nuit depuis le retour de Jérémie Beyou au port de départ et d'arrivée des Sables-d'Olonne, samedi dernier, pour rendre possible cette petite sensation : Mardi, le skipper de "Charal", qui a neuf jours de retard, veut encore s'élancer dans la neuvième édition du Vendée Globe. Le leader Alex Thomson devrait alors avoir plus de 2500 milles d'avance. Mais Beyou - porté par un immense soutien public et par son équipe - ne veut pas abandonner. Ancien co-favori aux côtés du leader Thomson, l'homme de 44 ans a déclaré lors de sa conférence de presse en ligne hier : "Je n'en ai pas fini avec cette course". Interrogé sur son nouvel objectif pour cette course hautement solitaire, du moins pour le moment, le Français a répondu honnêtement : "Je ne le sais pas encore".
"Les miracles peuvent arriver si on essaie vraiment"
Beyou poursuit :
"Grâce au travail acharné de mon équipe, 'Charal' sera prêt à reprendre la course demain matin. Le plan prévoit un départ avec l'heure de pointe de l'après-midi. C'est une excellente nouvelle. L'équipe a travaillé 24 heures sur 24 pour rendre cela possible. Je tiens à les remercier tous. En fait, ils avaient pensé qu'après le départ, ils pourraient enfin prendre des vacances. Mais cela n'a pas été le cas. Je les remercie beaucoup, ainsi que les équipeurs et toutes les personnes qui les ont rejoints. Ils étaient entre 10 et 15 à mettre leurs talents en commun et à faire le travail. Les constructeurs de VLPM, les composites, Manu Le Borne. Et quelques autres. J'ai souvent dit que le Vendée Globe était une course d'équipes. Et là, vous le voyez : ces gens l'ont démontré. Les miracles peuvent arriver quand on essaie vraiment.
C'est une merveilleuse nouvelle que la course recommence pour moi demain.
Le principal problème qui m'avait contraint à faire demi-tour était la question du gouvernail. La réparation la plus exigeante techniquement était celle du traveller. Mais en fait, c'est le montage du safran et de son bras de contrôle, qui s'est cassé, qui nous a mis au défi, car cela fait partie de la structure du bateau. Nous avons d'abord dû examiner les dégâts en détail pour voir où l'eau s'était infiltrée et jusqu'où nous devions réparer. Tout cela des deux côtés".
Beyou a l'estime de Boris Herrmann
Boris Herrmann a commenté les nouvelles de l'écurie Charal de See : "Je trouve cela totalement impressionnant de la part de Jérémie. C'est super qu'il le fasse. Cela doit être tellement dur mentalement. Pour lui, il a toujours été clair qu'il voulait naviguer pour la victoire. Naviguer en tant qu'aventurier n'est pas du tout sa tasse de thé. Je ne sais pas ce qui l'anime maintenant, quelle est sa motivation et quelle est peut-être la pression extérieure qui pèse sur lui. Il serait intéressant de pouvoir regarder en lui. Il a toute mon admiration. Il faut beaucoup de courage pour se lancer dans un tel Vendée Globe. C'est déjà un effort en soi. Mais on part avec l'énergie puisée dans l'espoir d'obtenir un bon classement. Que l'on peut livrer une bonne compétition. Si tout cela n'est pas donné dès le départ, c'est d'autant plus dur de savoir que l'on va maintenant courir derrière pendant des semaines".
Herrmann a rappelé que le tour de force de Beyou avait déjà eu un précurseur : "Mike Golding est un modèle historique. Il a eu un démâtage, s'est lancé à sa poursuite dix jours plus tard, a fait le tour le plus rapide et est arrivé au milieu du peloton à la fin. C'est évidemment une option. Il a super bien fait à l'époque avec son charme britannique et sa coolitude. Et il a montré qu'une telle chose a aussi une valeur. Cela démontre beaucoup d'esprit de compétition. Le Vendée Globe est aussi une épreuve de force, d'endurance et de résistance. Un nouveau départ prouve tout cela. Il a donc tout mon respect".
Boris Herrmann est remonté à la dixième place lundi en fin d'après-midi. Jean Le Cam ("Yes We Cam"), deuxième derrière Alex Thomson, conserve une petite avance de près de 15 milles nautiques sur Thomas Ruyant ("LinkedOut") qui le presse par l'arrière.

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