Jochen Rieker
· 27.05.2020
Il n'y a guère de bateaux plus passionnants sur la planète qu'un Imoca foiling. Et il n'y a rien qu'un skipper ne voudrait moins manquer que la première sortie après un refit qui ressemblait presque à une transformation totale.
Le skipper professionnel Boris Herrmann a laissé la priorité à son équipe, composée du capitaine de bateau Stuart McLachlan, du co-skipper Will Harris et de l'ami de la Barcelona World Race Ryan Breymaier, pour la première sortie en mer du "Seaexplorer", l'ancien "Malizia", qui était attendue avec beaucoup d'impatience et de nervosité.
Lorsque l'équipage a préparé le bolide de douze (12 !) mètres de large, avec les nouveaux foils rétractés, pour le test à Lorient sur la côte atlantique française à 10 heures, le Hambourgeois attendait chez lui sur son smartphone les premières photos et les messages Whatsapp, constamment interrompus par des appels et des félicitations.
L'année de son premier Vendée Globe, le sommet imminent d'une carrière en mer déjà bien remplie, ces deux petits moments forts ont coïncidé aujourd'hui même : son 39e anniversaire et le premier jour de navigation du bateau qui doit lui permettre de faire un tour du monde en 70 jours. Pour ce faire, les foils ont été énormément allongés, la coque renforcée et l'électronique de bord, y compris le pilote automatique, encore plus performante. Nous avons présenté ces mesures dans deux rapports détaillés, dont la dernière grande interview dans le YACHT 12 paru hier.
Ainsi, le "Seaexplorer" n'est pas seulement doté d'une technologie permettant de déterminer des valeurs de mesure importantes pour la recherche marine. Grâce à plusieurs caméras embarquées et à des capteurs de charge, il peut également être entièrement contrôlé depuis le pont. S'il avait pu se connecter en direct à l'ordinateur de bord, Boris aurait été en quelque sorte au cœur de l'action, même depuis son appartement. Mais il a dû se contenter de captures d'écran et de photos prises avec son téléphone portable.
Les nouvelles en provenance du golfe de Gascogne étaient encourageantes : "Tout va bien jusqu'à présent", dit le skipper. Bien que l'équipage se soit laissé aller et que la grand-voile ait pris le premier ris, l'aile sous le vent a rapidement soulevé l'étrave aplatie hors de l'eau - "avec seulement 26 pour cent de charge sur le foil", comme Boris l'a expliqué à YACHT online. Il reste donc encore beaucoup de réserves pour des chevauchées plus sauvages.
S'il n'a pas voulu échanger sa maison contre le maigre cockpit du "Seaexplorer", ce n'est d'ailleurs pas tant à cause de son anniversaire, en tout cas pas le sien - le navigateur et sa femme Birte attendent leur premier bébé d'un moment à l'autre. D'ici là, Boris s'est imposé une quarantaine de son propre chef. Il ne se rendra en France qu'à la mi-juin ou à la fin juin pour tester son bateau de ses propres mains. À partir du 4 juillet, il participera à la première et unique régate préparatoire avant la Vendée.
Joyeux anniversaire, Boris - et pour tout ce qui va suivre cette année !