Si la forte densité de voile typique de début octobre a pu s'installer au large de Saint-Tropez, c'est avant tout grâce à un nouveau concept. L'organisateur s'était déjà imposé ce concept avant le début de la pandémie. Indépendamment des règles d'hygiène, il s'agissait de réduire la foule dans le pittoresque Vieux-Port. Ainsi, la première semaine, 130 yachts de 10 à 24 mètres ont pris le départ. Ensuite, pendant quatre jours, ce fut le tour des "Super Series", composées de grandes goélettes, de maxi-raceurs et de cruisers rapides appartenant à des propriétaires passionnés de régates.
Les Voiles ont toujours été un événement qui réunit des voiliers classiques et modernes. A l'origine, une course amusante entre un yacht de 12 m R d'un Français et le Swan 44 d'un Américain en 1981, puis cette compétition inhabituelle s'est transformée en un événement appelé "La Nioulargue", du nom du haut-fond La Nioulargo. Deux ans plus tard seulement, des yachts de classe J et des maxi ont rejoint l'événement. Après une pause de plusieurs années suite à une collision tragique, la Société Nautique de Saint-Tropez poursuit la régate traditionnelle depuis 1999 sous le nom de Les Voiles des Saint-Tropez. La foule compacte et les festivités dans le cadre pittoresque de Riveira sont légendaires. Cette année, les participants sont restés entre eux. Il n'y a pas eu de soirées, le terrain de l'événement a été réduit de 1500 à 400 mètres carrés et le port d'un masque, la désinfection et la prise de température à l'entrée étaient obligatoires.
Sur l'eau, les images habituelles étaient au rendez-vous, surtout la première semaine : Des modèles précieux comme les Gaffelkutters de William Fife ou de Nathanael Herreshoff ont côtoyé des yachts d'un mètre plus récents et des coureurs IRC. C'est dans le groupe IRC-D que Pierre Roinson, président de la Société Nautique de Saint-Tropez (SNST), a pris le départ. Son résumé après la semaine d'ouverture : "L'organisation de la 22e édition a été un énorme défi et une gageure. Je tiens à remercier tous les bénévoles, les partenaires et les navigateurs. Pour beaucoup, c'était la première et la dernière régate de l'année ! J'ai pu observer comment les équipages s'échangeaient d'un ponton à l'autre juste après les courses. Cela s'était un peu perdu ces dernières années".
Le début des Super Series a apporté aux 20 concurrents des vents d'ouest de plus de 20 nœuds. Dans la division classique, les goélettes "Elena of London" et "Puritan" se sont affrontées. Dans la catégorie des voiliers modernes, le maxi record "Leopard 3" de 30 mètres de long dans la classe IRC-1 et le 60 pieds "Spectre" de Mani Frers se sont distingués en space shot surfing. Le Daysailer rapide avait à son bord le professionnel de la voile britannique Nick Rogers et a participé au groupe le plus disputé, l'IRC 2. Après deux jours de vent faible, c'est un Wally 80 qui s'est imposé avec "Ryokan 2" face à sept autres concurrents. Pour la première fois, les Wally ne constituaient pas une classe à part entière dans un groupe généralement très clairsemé. L'année dernière, leur groupe s'était réduit à quatre participants, alors qu'en 2016, 16 formats de Wally ont été inscrits, un record.
Le président du SNST, Pierre Roinson, s'est montré satisfait : "Nous sommes très heureux d'avoir pu organiser ces Voiles ensemble, avec un grand soutien de la ville. En restant vigilants et prudents, nous avons évité tout problème. Nous continuerons à séparer les gros bateaux du reste de la flotte, pour des raisons de sécurité et parce que nous voulons continuer à décoller devant le port".
Ici les résultats globaux des Super Series.

Stellvertretender Chefredakteur BOOTE EXCLUSIV