Tatjana Pokorny
· 23.11.2024
Y parviendra-t-il ou non ? La question de savoir si Boris Herrmann pourra atteindre la dépression qui se développe au nord de Rio de Janeiro, au large du Brésil, et qui pourrait emporter très rapidement les bateaux de tête vers le Cap de Bonne Espérance, a occupé les navigateurs, les fans et les experts ces derniers jours. Samedi matin, la direction de course du 10e Vendée Globe en France a donné des nouvelles encourageantes.
Tôt samedi matin, la direction de course estimait que "les 16 meilleurs navigateurs auraient l'avantage d'attraper la dépression". Cela inclurait clairement Boris Herrmann, qui était alors 13e. Le skipper de "Malizia - Seaexplorer" comptait alors parmi les trois bateaux les plus lents du top 16 avec une moyenne de 16,81 nœuds sur 24 heures, mais l'hypothèse du comité de course allait jusqu'à Romain Attanasio ("Fortinet - Best Western"), 16e.
L'écart entre Boris Herrmann et le leader Charlie Dalin s'est creusé à 178,23 milles nautiques lors de la 13e journée en mer qui vient de s'achever. L'homme de 43 ans s'attendait à ce que les vents soient plus forts pour les bateaux de tête. Mais les dernières prévisions lui redonnent du courage, ainsi qu'à Benjamin Dutreux ("Guyot Environnement - Water Family"), Pip Hare ("Medallia") et Romain Attanasio, qui sont derrière lui.
Samedi matin, le comité de course estimait que les leaders pourraient profiter dès dimanche des premiers effets de la dépression qui s'est formée à proximité des côtes brésiliennes. Elle pourrait pousser le groupe de tête très rapidement vers le Cap de Bonne Espérance. Néanmoins, il a également été dit : "Les derniers du groupe de tête devront travailler dur pour obtenir cet avantage".
Après que les écarts entre les bateaux de tête et leurs poursuivants se soient creusés jusqu'au matin du 23 novembre, le directeur de course Hubert Lemmonier a rapporté de sa veille nocturne : "De Charlie Dalin à Romain Attanasio, tous les marins ont atteint des vitesses moyennes de 16 à 18 nœuds". Depuis le passage de l'équateur, désormais franchi par la franco-allemande Isabelle Joschke sur "Macsf" et Louis Burton sur "Bureau Vallée" réparé, les bateaux profitent de plus en plus des alizés qui s'installent.
Pourtant, tous n'ont qu'un seul objectif : profiter de la dépression qui se forme au large des côtes brésiliennes et qui peut donner des ailes à tous ceux qui mettent le cap sur le cap de Bonne-Espérance. "Elle va se former progressivement, les premiers devraient rencontrer des vents plus forts dès la nuit de samedi à dimanche", explique Lemonnier.
Qui arrivera effectivement à l'heure au train ? Le groupe des poursuivants, composé de Boris Herrmann (Malizia-Seaexplorer, 13ème), Benjamin Dutreux ("Guyot-Environnement", 14ème), Pipe Hare ("Medallia", 15ème) et Romain Attanasio ("Fortinet - Best Western", 16ème), est désormais plus optimiste quant à leur capacité à y parvenir. Mais pour cela, ils doivent, selon la direction de course, "maintenir un rythme solide".
Le skipper de "Paprec Arkéa", Yoann Richomme, était cinquième samedi matin. Le nouveau détenteur du record des 24 heures en solitaire (551,84 milles) a en outre expliqué le léger "regroupement" dans le top 10 : "Nous sommes entrés dans une zone sans vent dans l'après-midi". La hiérarchie actuelle parmi les dix bateaux de tête : Charlie Dalin est en tête devant les deux skippers de "Vulnerable", Thomas Ruyant et Sam Goodchild, qui ont été distancés d'environ 30 et 40 milles par les rapides skippers de "Macif Santé Prévoyance".
Suivent Sébastien Simon ("Groupe Dubreuil"), Yoann Richomme et le tenant du titre Yannick Bestaven ("Maître Coq V") avec des écarts d'environ 51, 53 et 64 milles. Jérémie Beyou ("Charal"), Nicolas Lunven ("Holcim - PRB"), Paul Meilhat ("Biotherm") et Justine Mettraux ("TeamWork - Team Snef") occupaient les dernières places de sept à dix. Devant Boris Herrmann, Sam Davies ("Initiatives - Cœur") et Clarisse Crémer ("L'Occitane en Provence") se sont positionnés aux onzième et douzième places.
Samedi matin, lors de la mise à jour de 7 heures, un écart de 50 milles s'est creusé entre les douze premiers et le groupe de bateaux mené par Boris Herrmann, qui occupent les places 13 à 16. Les poursuivants veulent le combler le plus rapidement possible. S'ils atteignent la dépression, ils ont toutes les chances d'y parvenir.
Yoann Richomme a déclaré : "La désormais fameuse dépression va nous permettre d'avoir déjà un peu de sud-est sur notre route. Ensuite, nous bifurquerons sur la suivante. C'est la véritable porte de Bonne Espérance avec des conditions rapides et à nouveau assez agréables ! Pour l'instant, il y a peu de variations. Nous avons peu d'ajustements, c'est plutôt calme, presque monotone. Mais ce n'est pas si terrible que ça" !
Pourtant, le skipper de "Paprec Arkéa" avait des envies de changement : "J'ai hâte d'attaquer des conditions météo un peu plus rapides. Je me sens prêt pour ce qui va suivre" !
Son île de rêve ! Boris Herrmann a envoyé cet instantané vendredi soir depuis la mer :

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