Il a maintenant perdu son combat contre le cancer. Le cœur de sa famille, de ses amis et de ses compagnons de route est lourd en ce jour. Le vainqueur du Vendée Globe a succombé à son cancer à l'âge de 42 ans. C'est ce qu'a annoncé la famille de Dalin à l'AFP le 11 juin. Son épouse Perrine Le Pape a écrit : "C'est avec une profonde tristesse que ma famille et moi-même annonçons le décès de mon mari Charlie Dalin, des suites d'une longue maladie". Elle a en même temps demandé à ce que la vie privée des proches soit respectée.
"Adieu à un géant", titre le magazine français Voiles et Voiliers en ce 11 juin, s'inclinant devant un navigateur qui a accompli de grandes choses dans son sport. Malgré son cancer rare, que Charlie Dalin n'avait rendu public qu'après son triomphe sur le Vendée Globe à l'automne 2025, il avait réussi à atteindre le sommet avec "Macif Santé Prévoyance" en 2024/2025. Dans son livre "La Force du destin", il avait parlé très ouvertement de son cancer rare.
Aujourd'hui, il a perdu son combat contre le cancer, il est mort ce 11 juin à l'hôpital de Cornouaille. C'est aussi le destin qui a voulu que ce jour-là précisément, son successeur Sam Goodchild franchisse le cercle polaire à mi-parcours de la Vendée Arctique à bord du yacht vainqueur du Vendée Globe de Charlie Dalin, "Macif Santé Prévoyance", et donne le coup d'envoi de la deuxième mi-temps. Dalin avait laissé le projet entre les mains de Goodchild, restant fidèle à son équipe en tant que conseiller avisé tant qu'il le pouvait.
Sa plus grande victoire, Charlie Dalin l'avait remportée lors du 10e Vendée Globe, le 14 janvier 2025, après 64 jours et 19 heures de course et une course spectaculaire. Il avait alors battu de près de dix jours le record établi en 2017 par Armel Le Cléac'h. C'était un triomphe doublement doux, car la relation de Dalin avec le Vendée Globe était intense.
En automne 2023, Charlie Dalin a appris qu'il était atteint d'un cancer. Il n'en a pas informé le public. Il s'est battu contre la maladie tout en gardant son courage, en maintenant le cap et en prouvant que les rêves sont accessibles même en luttant contre le destin. Dans son livre, réalisé en collaboration avec le journaliste Didier Ravon, le skipper au palmarès étincelant a raconté avec force détails son enfance, ses premières régates et bien sûr la course de sa vie et les deux éditions si différentes qu'il a traversées et vécues.
Dalin avait décrit son arrivée triomphale en janvier 2025 comme "sans aucun doute l'un des plus beaux jours de ma vie". Après tant d'années de course, il n'avait jamais vécu un tel moment. Et d'ajouter : "Cela fait quatre ans que je rêve de cette victoire - premier à l'arrivée, premier au classement général !" Cet accomplissement sportif avait été précédé par le premier Vendée Globe de Dalin, couronné de succès mais qui s'était terminé de manière malheureuse. Quatre ans plus tôt, le maestro Dalin avait également franchi la ligne d'arrivée en première position lors du 9e Vendée Globe.
Pourtant, plusieurs skippers, dont Boris Herrmann, avaient alors participé à l'opération de sauvetage de Kevin Escoffier en décembre 2020. Les bonifications de temps accordées ultérieurement par le jury ont permis à Yannick Bestaven de remporter la course autour du monde en solitaire avec près de deux heures et demie d'avance sur Dalin. Dalin avait vécu le 27 janvier décisif comme une danse sur un volcan : d'abord arrivé le plus rapide en triomphe aux Sables-D'Olonne, il avait ensuite été dépassé. Comme un cri de guerre, il a ensuite retenu pendant quatre ans : "Mon histoire avec le Vendée Globe n'est pas terminée !"
Pensé, dynamique et très affirmé, Charlie Dalin, élu Navigateur mondial de l'année en 2025, était un phare du Vendée Globe et de toute la puissante course au large française. Pour lui, le coup de foudre a eu lieu en 1992, lorsqu'il a rencontré la voile pour la première fois lors d'un stage de vacances au large de la presqu'île de Crozon, dans les eaux bretonnes. Ses grands-parents y avaient loué une grande maison de vacances pour toute la famille, où il n'y avait aucun navigateur, jusqu'à ce que sa mère Christine inscrive son Charlie à un stage de vacances pour s'amuser. Elle s'en souvenait intensément, décrivant les premières expériences de dériveur au quotidien Ouest France comme une "révélation pour Charlie", comme un "coup de foudre".
"À l'époque, c'était la grande liberté qui m'enthousiasmait le plus", a dit un jour Dalin lui-même à propos des débuts de sa conquête d'un nouveau monde de vent et de vagues. Le jeune Charlie appréciait le fait qu'il n'y avait pas de routes ou de chemins prédéfinis lorsqu'il naviguait. Juste cette immensité scintillante où le vent permettait apparemment d'aller partout. "Cette force invisible qui te fait avancer était magique pour moi", décrit l'homme originaire du pays des Vikings et des marins, ce qui est devenu pour lui un élixir de vie.
Sa mère a réalisé : "Dès qu'il était sur l'eau, il s'épanouissait. Quand nous sommes rentrés de vacances, je l'ai directement inscrit au Sport Nautique et Plaisance du Havre". C'est au Havre, sa ville natale en Normandie, où Dalin a pu porter fièrement la flamme olympique l'été dernier dans les rues qu'il connaît si bien, que la carrière de Dalin a commencé - et ne s'est plus jamais arrêtée. C'est déjà là que le jeune Dalin s'est fait remarquer quelques années plus tard, parce qu'il aimait naviguer en 420 en solitaire à partir du trapèze.
Il explique à ses parents comment naviguer avec des couverts à table. Sa chambre est devenue le repaire des affiches de ses héros, des autographes, des documents. Avec une passion grandissante, il flânait sur les pontons havrais des bateaux de la Transat Jacques Vabre. "Je me retrouvais là, tous les deux ans, à rêver entre les bateaux de la TJV", se souvient-il. Il admirait ces objets de sa convoitise croissante en direct à la radio, dans les journaux et les magazines de voile.
C'est à l'âge de douze ans qu'il a assisté pour la première fois à un Vendée Globe. Il a raconté au magazine Paris Match : "A l'époque, on ne suivait pas les courses de la manière actuelle. Je suivais surtout après les arrivées, quand les marins rendaient tous leurs cassettes vidéo pour que les images soient diffusées à la télévision. Je ne pensais même pas qu'un jour je serais capable de le faire". Et comme il l'était ! On ne savait pas, lors de son dernier grand solo autour du monde, qu'il devait pour cela braver une maladie aussi grave.

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