30 tentatives, 14 passages de la ligne d'arrivée, neuf records - telles étaient les statistiques avant la récente tentative de record de Thomas Coville, Benjamin Schwartz, Frédéric Denis, Pierre Leboucher, Léonard Legrand, Guillaume Pirouelle et Nicolas Troussel. Désormais, les quelque 35 ans d'histoire du Trophée Jules Verne s'enrichissent d'un passage réussi de la ligne d'arrivée et d'un imposant record.
Partis le 15 décembre à 21h01, les Français ont franchi la ligne de départ et d'arrivée à 7h46 ce dimanche matin. Pour cette chasse non-stop autour du monde, ils ont choisi "Sodebo Ultim 3". 40 jours, 10 heures, 45 minutes et 50 secondes de l'occasion. Ils sont le dixième équipage à s'inscrire sur la liste aussi courte qu'éminente des navigateurs du monde entier qui ont pu mettre la main sur le Trophée Jules Verne :
Tous les records du Trophée Jules Verne ont été établis sur des multicoques. La compétition, dominée jusqu'à présent par les Français à une exception près, avait débuté avec le rêve de faire le tour du monde en 80 jours - d'où le nom donné au romancier Jules Verne ("Le tour du monde en 80 jours").
Le premier record de 1994 de Bruno Peyron et de son équipage (79 jours, 6 heures, 15 minutes et 56 secondes) a depuis été presque divisé par deux. En 1994/1995, Robin Knox-Johnston et Sir Peter Blake, avec leur équipage sur "Enza New Zealand", avaient été les seuls non-français à pouvoir s'introduire dans ce domaine de la course au large française.
Ce 25 janvier, Thomas Coville et Team Sodebo ont battu de 12 heures, 44 minutes et 40 secondes le temps record de neuf ans établi par Francis Joyon et son équipage le 26 janvier 2017 et sur lequel tant de monde s'était cassé les dents. Pour les nouveaux détenteurs du record Jules Verne, toutes les bonnes choses se valent : les "Sodeboys" ont navigué pour la quatrième fois depuis 2020 vers un triomphe historique.
Le premier record Jules Verne, établi en 1993/1994 par Bruno Peyron et son équipage sur "Commodore Explorer", a été presque divisé par deux par Coville et sa bande. Ils avaient déjà posé les bases de ce record dans une très bonne fenêtre de vent et de météo dans l'Atlantique, au début de cette récente circumnavigation sans escale. Avec 1200 milles nautiques d'avance sur le record d'Idec Sport, ils avaient franchi le Cap de Bonne Espérance.
L'océan Indien a ensuite été difficile, si bien que l'avance de "Sodebo Ultim 3" s'est réduite à 200 milles nautiques au cap Leeuwin. Au sud de la Nouvelle-Zélande, Coville et ses coéquipiers ont même été distancés par le temps record d'"Idec Sport". Mais dans le Pacifique, ils ont réussi leur retour. Avec des vitesses dépassant les 35 nœuds, le trimaran VPLP-Ultim de 32 mètres a parfois navigué à une vitesse folle. Au Cap Horn, ils avaient onze heures d'avance sur "Idec Sport" lors de leur course de rêve il y a neuf ans.
Sodebo Ultim 3 a passé l'équateur le 19 janvier dans le sprint final de l'Atlantique. Lors de la finale de la tempête, les sept marins de l'équipe Sodebo Voile, composée de 40 personnes au total, ont dû affronter une nouvelle fois des conditions brutales, qui rappelaient la finale de la tempête "Enza New Zealand" en 1995La première fois que j'ai participé à une course, c'était pour une femme qui, à l'époque, traînait derrière elle des chaînes et des câbles pour franchir la ligne d'arrivée sans encombre.
Déjà la veille de leur voyage triomphal Thomas Coville et son équipage avaient été accueillis depuis les airs par un équipage de Falcon 50 de la Marine nationale française. A cette occasion, Thomas Coville avait exprimé son espoir "d'arriver à destination en un seul morceau". C'est désormais chose faite. Thomas Coville et son équipage étaient encore attendus dans la matinée pour une réception de félicitations sur le quai Malbert à Brest. Selon l'équipe, la retransmission en direct prévue devrait commencer vers 11 heures. Le record doit encore être établi par le Conseil mondial des records de vitesse à la voile (WSSRC) être ratifiée.