Tatjana Pokorny
· 29.02.2024
Thomas Coville a franchi la ligne d'arrivée de l'Arkea Ultim Challenge en deuxième position le 29 février à 14h42. Le skipper de "Sodebo Ultim 3", âgé de 55 ans, a mis 53 jours, 1 heure, 12 minutes et 40 secondes pour réaliser son tour du monde en solitaire. Pour l'homme de 55 ans, il s'agissait au total de son neuvième tour du monde, le septième en multicoque et le cinquième en solitaire.
Thomas Coville, l'un des skippers de multicoques les plus expérimentés, n'a pas été épargné par les conditions météorologiques lors de sa dernière aventure et a dû faire face à de nombreux problèmes techniques. Il s'est néanmoins accroché et a tenu bon jusqu'au bout. Covill a bouclé le parcours en 53 jours, 1 heure, 12 minutes et 40 secondes. Sur la ligne d'arrivée, 2 jours, 6 heures, 4 minutes et 58 secondes séparaient Coville du vainqueur déjà célébré, Charles Caudrelier.
Thomas Coville avait été l'un des premiers skippers à croire en l'idée du nouvel Arkea Ultim Challenge. Avant le départ, c'est lui qui a parlé d'une course "qui marquera l'histoire". Avant, pendant et après la course, Coville a toujours donné le sentiment de faire partie des fiers pionniers d'une nouvelle ère. Sur le papier, Thomas Coville ne partait pas favori de cette première édition historique de l'Arke Ultim Challenge, mais il a su gérer ses forces malgré les multiples défis et épreuves.
C'est un peu comme Apollo 13" Thomas Coville
Dès les premiers jours, il a pu montrer sa force et les performances de sa machine Ultim et est toujours resté dans le coup. Ce n'est que la rupture de son système de foil down pour le foil tribord qui l'a sensiblement ralenti. Il a dû laisser partir Charles Caudrlier et Tom Laperche, qui était encore en course à ce moment-là. Les réparations de Thomas Coville se sont étalées sur plusieurs jours. Sa description : "C'est un peu comme Apollo 13 : tu es tout seul avec quelques outils, tes mains, ta tête, ton énergie et tu travailles comme une petite fourmi".
Dans l'océan Indien, alors que Tom Laperche avait déjà dû abandonner et que Charles Caudrelier avait pris beaucoup d'avance, Coville s'est frayé son propre chemin dans le sud froid. "Je dois trouver un couloir à travers les masses d'air qui se rencontrent, s'entrechoquent et produisent des phénomènes violents et erratiques", décrivait-il son univers dans l'océan Austral. Souvent, les systèmes météorologiques ne lui étaient pas favorables. Entre efforts et vigilance, il souffrait physiquement autant que son bateau.
Pour décrire la fin de son arrêt de deux jours en Tasmanie, le navigateur et philosophe Coville a prononcé l'une des phrases les plus mémorables de l'Arkea Ultim Challenge : "Repartir à zéro, c'est comme un cœur qui se remet à battre". La course est restée exigeante, captivante et virulente pour lui jusqu'à la fin. Mais Thomas Coville a tenu bon et a remporté son duel avec Armel Le Cléac'h dans le Pacifique. Coville a déclaré : "C'est un privilège de disputer un match avec lui".
J'ai donné tout ce que j'avais en moi". Thomas Coville
Lors de sa course autour du monde, Coville n'a cessé d'offrir aux observateurs et aux fans des paroles et des pensées fortes. Après avoir franchi le Cap Horn, Thomas Coville, ému aux larmes, assurait : "Pendant longtemps, on se dit qu'il ne faut pas craquer parce qu'il n'y a personne. C'est hostile, sauvage, impressionnant ici, mais on nous a laissé passer". Quelques jours plus tard, il s'extasiait devant un coucher de soleil : "C'est pur, photogénique, simple". Au final, Coville était certain : "J'ai toujours eu le sentiment d'avoir donné tout ce que j'avais en moi".
Alors que Thomas Coville, deuxième, a été accueilli comme un vainqueur jeudi à Brest, Armel Le Cléac'h, troisième en Atlantique, a essuyé un nouveau revers la veille. L'homme de 46 ans avait informé son équipe et la direction de course d'une infiltration d'eau dans la coque centrale le 28 février vers 18 heures. "Il a passé une bonne partie de la nuit à reboucher les trous et à évacuer l'eau le plus loin possible du bateau", a rapporté Pierre Hays de la direction de course. Jeudi, Armel Le Cléac'h a atteint des vitesses plus élevées après une réparation réussie. Il est attendu dimanche en troisième position à Brest.

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