Aujourd'hui, au troisième jour de la course, les 90 solitaires ont découvert toute la dureté, mais aussi toute la beauté de la mini-transat : les protos les plus rapides ont enregistré pour la première fois 10, 12 nœuds au petit matin - pas seulement pour une courte durée, mais pendant plusieurs minutes, et même plus de quatre heures dans le cas de Federico Waksman, qui navigue probablement la meilleure mini-transat de David Raison.
Quand on s'attaque à cette régate, c'est ce genre de passages que l'on espère : 15 à 18 nœuds de vent d'est-sud-est, spi, foc, grand-voile - et c'est parti ! On peut supposer que Federico avait le sourire, quel que soit son degré de fatigue, d'autant plus qu'il a pris la tête ce matin et qu'il ne donne pas l'impression de la lâcher facilement.
En effet, son proto pour les parcours bas attendus après le waypoint, avec un angle d'incidence du vent vrai d'environ 150 degrés, est difficilement battable, même par les foilers. Mais la descente en luge ne durera pas longtemps.
En effet, les bateaux de tête vont bientôt entrer dans une transition qui sera marquée par de nombreux virements de bord et une certaine incertitude, jusqu'à ce que la pleine puissance du bord d'une dépression orageuse les atteigne plus près du cap Finisterre.
C'est un passage clé de cette première étape.
Dès la nuit, il était clair que les bateaux positionnés le plus au sud, qui ont eu du vent en premier, allaient pouvoir se détacher un peu - un scénario typique "The-rich-get-richer". C'est pourquoi il vaut la peine de jeter un coup d'œil fréquent au tracker aujourd'hui.
Le suspense sera également présent à d'autres niveaux : Caroline Boule sur son foiler intégral "Nicomatic" peut-elle égaliser l'écart avec la tête des protos aujourd'hui en quatre ou cinq heures de vol ?
Hier soir, c'était encore le cas, mais elle a ensuite effectué un virage au vent qui l'a obligée ce matin soit à faire un croisement pointu au portant sur foils, ce qui signifie plus de route, soit à tenter une route directe, ce qui annule son avantage théorique en termes de vitesse. Mais avec un peu de chance, elle pourra tout de même mettre son mini Sam-Manuard sur les ailes, relativement loin sous la terre, par mer plate et environ 8 à 10 nœuds de vent. Elle serait alors imbattable. Actuellement, le dossard 1057 est en 9e position.
Trois femmes sont placées devant Caroline Boule : Gaby Bucau (dossard 865), Marie Gendron (1050) et Laure Galley (1048). On n'a sans doute jamais vu une telle densité de performances chez les skippers de mini-transat.
Chez les bateaux de série, il n'y a actuellement qu'une seule femme dans le top 10 : la Belge Djemila Tassin (992), qui occupe la 7e place. C'est d'ailleurs là que voulait se positionner la première Autrichienne de l'histoire de la Mini-Transat. Mais Lisa Berger est loin derrière.
Hier en début de soirée, il a dérivé pendant un moment à 1,2 nœuds du vent, ce qui laisse supposer un possible problème technique ou une réparation. Comme les ministes n'ont pas le droit d'avoir des techniques de communication modernes à bord, nous n'en connaîtrons sans doute la raison exacte qu'après le passage de la ligne d'arrivée.
Ce matin, Lisa est descendue à P49, mais avec 8,4 nœuds, elle est à nouveau très rapide. Et elle sait mordre. Nous verrons bien si elle parvient à remonter aujourd'hui. Elle connaît bien les vents tournants de son secteur d'origine.
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