En cas d'urgence, le premier mot d'ordre est de rejoindre immédiatement la personne dans l'eau. Il n'existe pas de manœuvre standard, mais plutôt différentes variantes. Nous vous les présentons et vous expliquons les avantages et les inconvénients de chacune d'entre elles.
Les personnes qui meurent en tombant à l'eau en faisant de la voile sont extrêmement rares. En Allemagne, une seule main suffisait jusqu'à présent pour compter le nombre de victimes par an. L'une des raisons de ce chiffre étonnamment bas, qui fait de la voile l'un des hobbies les plus sûrs, est que les gens tombent rarement par-dessus bord. En effet, rares sont ceux qui sortent dans des conditions vraiment difficiles et dangereuses. La plupart d'entre eux sont des experts qui savent se déplacer sur leur bateau et le sécuriser. De plus, les prévisions et les avertissements sont devenus si fiables que les grandes surprises météorologiques sont de plus en plus rares.
Il est en revanche beaucoup plus probable que quelqu'un tombe à l'eau dans des conditions modérées, par temps ensoleillé et par mer calme. Sous-estimation, inattention, voire alcool, sont alors les causes de ce bain involontaire. Pour que cela ne se termine pas tragiquement, l'équipage resté à bord devrait savoir ce qu'il faut faire. Le plus grand danger pour la personne à l'eau est que le yacht s'éloigne trop d'elle et que l'équipage ne la retrouve pas. Il suffit alors de quelques dizaines de mètres, même dans des conditions légères, si par exemple c'est la fin de l'après-midi et que la personne disparaît à contre-jour.
Il n'existe toutefois pas de recette universelle pour effectuer les bonnes manœuvres, chaque skipper devrait en être conscient. On enseigne encore souvent les manœuvres d'homme à la mer sous voile, qui sont également importantes. Toutefois, les yachts modernes disposent généralement de machines fiables et puissantes et leur quille courte leur permet de tourner très facilement. De plus, il est aujourd'hui plus facile et plus rapide de hisser et d'affaler les voiles, et ce surtout depuis le cockpit.
Dans ces conditions, une procédure s'impose : l'arrêt rapide immédiat, que le yacht soit au vent arrière ou au vent avant, et la mise en route immédiate du moteur. Selon le type de bateau et la situation, il est possible de réduire les voiles ou d'aller tout de suite dans l'eau avec le tissu tendu vers la personne, en gardant les voiles fermées ou en les lâchant. De même, une manœuvre totalement différente peut s'avérer efficace, par exemple si l'on ne dispose pas de moteur ou d'un hors-bord de faible puissance. Mais c'est justement parce que l'équipement est si différent et qu'il existe tant de types de voiliers différents qu'il faut s'entraîner avec le bateau en question une fois par saison ou par séjour en charter pour savoir quelle manœuvre est la bonne. Après tout, il ne faut pas oublier les statistiques.

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