Ce n'est pas beau à voir, mais ce n'est malheureusement pas rare non plus : on trouve dans de nombreux ports de vieux bateaux qui n'intéressent plus personne et qui se morfondent quelque part dans un coin du port ou de l'emplacement. Sous une couche de saleté, des bateaux en fibre de verre de 30 ou 40 ans, voire plus, dorment, et leur propriété est souvent incertaine. Mais tant que personne ne s'occupe du refit, de la vente ou de l'élimination coûteuse et compliquée, les bateaux restent là où ils sont.
En France, le problème est de taille. Depuis des années, le secteur travaille à une solution et a lance actuellement une vaste opération de mise au rebut. Au cours des cinq prochaines années, 20.000 à 25.000 vieux bateaux en PRV, mais aussi de nombreux bateaux à rames et à moteur, seront mis au rebut. Les propriétaires peuvent s'inscrire pour la mise au rebut via un formulaire en ligne. Ils ne prennent alors en charge que les frais et l'organisation du transport du bateau vers le centre de recyclage le plus proche.
Didier Toqué a imaginé une alternative innovante à l'élimination des déchets. Il y a deux ans, il a fondé avec le co-directeur Romain Grenon le chantier naval Bathô dans la banlieue de Nantes, et depuis ce printemps, ils livrent.
L'idée : au lieu de scier les bateaux et de les passer à la déchiqueteuse, le chantier naval leur donne un coup de neuf inhabituel. Toqué et son équipe transforment les vieux bateaux en PRV - selon les souhaits du client - en un petit domicile à terre, que ce soit une tonnelle pour le jardin, un logement pour un camping ou un terrain de jeu d'aventure.