Pour remplacer un homme de la trempe de Michel Desjoyeaux, il faut avoir des compétences. Rob Greenhalgh est le barreur et le solide équipier polyvalent que Team Mapfre a recruté pour le retour après la dernière place de l'étape 1 du super-solitaire français qui a été retiré de la course. L'équipe espagnole du skipper Iker Martinez l'a annoncé mercredi.
La deuxième nouvelle recrue est doublement intéressante après le remplacement de l'ancien navigateur Nico Lunven par Jean-Luc Nélias. Rob Greenhalgh a deux tâches importantes à accomplir : Il doit, avec l'équipe Mapfre, être plus performant que les hommes ne l'ont été lors de la première étape avec une septième et dernière place. A première vue, cela ne semble pas être un grand art. Mais Greenhalgh doit et veut aussi battre sa sœur Libby Greenhalgh et son équipe féminine SCA. Il dit qu'il se réjouit de ce duel. Elle aussi. Elle lui aurait conseillé d'accepter l'offre lors d'une conversation téléphonique.
À partir du 19 novembre, il s'agira donc de savoir quel membre de la famille Greenhalgh brillera le plus lors de la deuxième étape ? Rob, qui sait tout faire, ou Libby, l'ambitieuse navigatrice de SCA ? Sur le papier, c'est une affaire entendue pour l'aîné "Big Brother" Rob, qui a remporté la Volvo Ocean Race 2005/2006 avec ABN Amro One sous le commandement de Torben Grael, quintuple médaillé olympique. En 2008/2009, Rob Greenhalgh a terminé deuxième avec Puma et en tant que compagnon d'équipage du quillard Michael Müller. En 2011/2012, il a atteint la cinquième place avec les leaders actuels d'Abu Dhabi Ocean Racing.
Libby et Rob Greenhalgh sont les premiers frères et sœurs à participer à une course depuis que les Hollandais Tanya ("Maiden" avec Tracy Edwards) et Edwin ("Equity & Law) Visser se sont affrontés en 1989/1990. A l'époque, le frère (14e) n'avait eu que peu de succès par rapport à sa sœur (18e). Le skipper de Mapfre, Iker Martinez, a commenté sa nouvelle recrue avec espoir : "Nous recherchions un barreur très, très expérimenté, qui connaisse ces bateaux et ces voiles. L'expérience de Rob est fantastique, avec une victoire et un podium dans cette course. Et il est connu pour ses qualités de chef de quart, sa capacité à barrer rapidement. Il est également très fort physiquement".
Ce n'est pas sans ironie que c'est Libby Greenhalgh qui a donné le dernier coup de poignard à l'équipage de "Mapfre", déjà relégué à la sixième place, juste avant le Cap, en faisant prendre à l'équipe féminine un cap différent de celui des Espagnols, qui les précédaient encore de neuf milles le matin avant l'arrivée. Grâce à ce coup d'éclat, les femmes ont réussi à transmettre au dernier moment la lanterne rouge de la dernière place aux hommes de Martinez, qui étaient restés bloqués dans un trou de vent au pied de la montagne de la Table.
Libby appelle cela une "portion de piment supplémentaire" lorsqu'on lui parle de l'engagement de son frère. Et elle n'hésite pas une seconde lorsqu'on lui demande quelles sont ses ambitions : "Bien sûr que je veux le battre !" Rob Greenhalgh s'exprime de manière plus diplomatique : "Ce n'est pas la première fois que nous naviguons l'un contre l'autre. Je m'en réjouis". Mais ensuite, Greenhalgh appuie tout de même un peu plus sur l'accélérateur verbal : "Je sais que la première étape ne s'est pas très bien passée pour Mapfre. Mais je pense toujours que nous avons une bonne chance de gagner toute la course".
Avec ce duel frère-sœur autour du monde, le Marathon des mers s'est enrichi d'un nouveau suspense. La deuxième étape, du Cap à Abu Dhabi, débutera le 19 novembre. Les Greenhalgh pourront tirer un premier bilan intermédiaire de leur duel familial avant Noël.
Revivez ici les moments forts de la première étape avec la brillante performance des femmes du SCA :

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