Dans l'ensemble, la situation tactique a peu changé. Le peloton s'est rapproché et s'est engagé dans une course vers le sud. Dongfeng Race Team a réussi à passer devant Team SCA, sinon tout le monde a conservé ses positions.
Ennuyeux, comme le pense Bouwe Bekking, skipper de Brunel. Dans son journal de bord, il écrit
Si proche et pourtant si loin. En regardant la carte, on pourrait penser que nous avons presque atteint la Nouvelle-Zélande. Mais quand on regarde le kilométrage, on sait que la réalité est tout autre.
Capey (le navigateur Andrew Cape) mesure la distance comme il reste de Sydney Hobart Races, je prends la distance entre Lanzarote et les Pays-Bas, que nous avons parcourue quelques fois l'année dernière et qui me donne une meilleure idée du nombre de jours restants.
Je ne pense pas souvent au kilométrage, mais cette étape offre jusqu'à présent une navigation ennuyeuse. Mais au moins, ici, à l'équateur, les nuages offrent quelques distractions.
Nous donnons aux navigateurs de quart une liberté absolue quant à la manière dont ils naviguent. C'est pourquoi il y a parfois de fortes oscillations sur la piste. Il faut réagir de manière agressive, sinon on peut se retrouver dans un calme plat.
La nuit dernière, dans l'obscurité totale, nous avons été surpris par un changement soudain de direction du vent. En une fraction de seconde, le vent est venu de la direction opposée. Le bateau était presque à l'arrêt et le grand code zéro s'est retrouvé du mauvais côté contre le gréement.
Peu de temps après avoir repris le contrôle, nous avons continué à naviguer sur le même cap, mais sur l'autre proue.
Il s'est avéré que la voile avait été déchirée à deux reprises. Pour pouvoir les réparer, la toile devait être abaissée, mais pas enroulée comme d'habitude, mais libre, sinon on n'aurait pas pu atteindre les déchirures.
Maintenant, à la lumière du jour, on voit comment l'avant du bateau est recouvert de 300 mètres carrés de toile.
Fini la navigation ennuyeuse.
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