Après une légère baisse du vent et de la houle, les conditions sont à nouveau adaptées à cette latitude de la mer du Sud : Vent de force 7+, hauteur des vagues entre 4 et 5 mètres. Le skipper de Telefonica, Iker Martinez, l'avait déjà suggéré dernièrement : lever le pied pour ménager le bateau. Mais avec cette tactique, les Espagnols ont accumulé bien plus de 200 milles de retard au cours des deux derniers jours, donc quelque chose ne va pas.
Ils sont toujours en route avec le frein à main serré, car leur vaisseau a subi une avarie non définie. L'équipe reste volontairement discrète à ce sujet. Pepe Ribes, le maître d'équipage, s'active sous le pont pour remettre Telefonica en état, dit-on à bord. "Nous voulons aller au Brésil le plus vite possible, mais nous devons aussi y arriver", explique l'homme de médias Diego Fructoso. "Ce n'est pas encore sérieux, mais ça pourrait le devenir, alors nous devons garder la tête froide". Les Espagnols, à qui la chance a si longtemps souri, traversent en ce moment des moments difficiles, car il y a aussi une protestation en suspens concernant les voiles utilisées lors de la quatrième étape entre la Chine et la Nouvelle-Zélande.
En parlant de la Nouvelle-Zélande, Sanya est attendu aujourd'hui dans le port de Tauranga, d'où il sera expédié par cargo directement vers les Etats-Unis, afin d'être prêt à Miami pour l'Inport Race et la 7e étape. Il serait impossible d'expédier le bateau à temps vers l'arrivée de la 5e étape à Itajai au Brésil. Un coup dur pour Mike Sanderson et son équipe, mais la solution la plus raisonnable au vu de la fragilité de la vieille barge.
Devant, Groupama et Puma continuent de filer à 20 nœuds en direction du Cap Horn, qui se trouve encore à environ 1600 milles devant nous. Phil Harmer, l'un des rameurs de Groupama, souffre d'une blessure à l'épaule qui l'handicape fortement et qui nécessitera des soins médicaux au Brésil. Sur Puma, les deux maraudeurs Casey Smith et Thomas Johanson ont retrouvé une certaine forme. En revanche, Camper, le bateau néo-zélandais en difficulté, n'est pas du tout en forme et poursuit sa route vers le Chili. Et il tombe de la pluie au beau milieu de la nuit, car l'anneau longitudinal sur le côté tribord s'est détaché, ce qui a encore réduit la rigidité du bateau. "Rob Salthouse devrait être anobli", déclare le caméraman Hamish Hooper. "Depuis quatre jours, il travaille à l'avant du bateau, pratiquement sans dormir, mais complètement recouvert de poussière de fibre de carbone". Récompense méritée : des calamars et du thon frais dans la cambuse.
Abu Dhabi continue de naviguer en solitaire, avec près de 1300 miles de retard sur Groupama. Ils commencent à avoir du vent et à prendre de la vitesse, ce qui leur permettra de reprendre la 4e place à Camper et peut-être même de se rapprocher de Telefonica si les Espagnols doivent terminer l'étape au ralenti.
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