Le rêve d'une première victoire au classement général s'est encore envolé à la septième tentative pour le recordman néerlandais Bouwe Bekking. Il s'est en revanche réalisé pour le skipper britannique Ian Walker et son équipe Abu Dhabi Ocean Racing. Pour Bekking et son équipe Brunel, la prise de conscience définitive a eu lieu lors de la cinquième place de la huitième étape et du passage de la ligne d'arrivée au large de Lorient, en Bretagne.
Mais Bouwe Bekking n'envisage pas de ralentir pour autant. Selon la devise "Maintenant plus que jamais", il pousse encore une fois son équipe : Il veut défendre la deuxième place. Au moins celle-ci. Et il veut gagner le classement In-Port. Pour cela, il doit faire une course courte et brillante dimanche au large de Lorient, afin de s'assurer l'avantage d'un meilleur classement In-Port en cas d'égalité de points au classement général. YACHT online a assisté aux derniers préparatifs du sprint final de Team Brunel, a vu un équipage détendu et combatif et s'est entretenu avec le skipper sur le sprint final de la Volvo Ocean Race et les projets futurs.
M. Bekking, pouvez-vous nous dire quelle est votre stratégie pour la dernière étape, au cours de laquelle vous devrez défendre votre deuxième place contre trois autres équipes ?
Bekking : Nous devrons surtout garder un œil sur Dongfeng et Mapfre. Idéalement, nous devrions nous classer dans le top trois lors de la dernière étape et, si possible, remporter le classement in-port.
Votre équipe a-t-elle un 'avantage à domicile' lors de la dernière étape, car elle mène de Lorient au port d'arrivée de Götborg, en passant par l'arrêt au stand de La Haye, aux Pays-Bas ?
Bekking : Peut-être un petit avantage, car ils connaissent très bien les eaux autour de La Haye. Mais Charles Caudrelier et ses Français sur Dongfeng connaissent bien le bassin de Lorient et auraient donc aussi un petit avantage.
Quelle a été votre déception lorsque la victoire finale n'a pas été au rendez-vous cette fois encore ?
Bekking : Je me suis déjà énervé. Mais quand on est plus âgé, on peut mieux réfléchir et relativiser. Pour les plus jeunes de l'équipe, c'était plus difficile. Les vainqueurs ont gagné parce qu'ils ont très bien navigué. Ils l'ont donc bien mérité.
Où avez-vous laissé échapper une possible victoire finale ? Y a-t-il eu une scène clé ?
Bekking : Probablement en route pour la Nouvelle-Zélande. Nous avions un peu d'avance sur la route de l'arrivée, puis nous sommes tombés à la cinquième place en naviguant trop à l'est.
Allez-vous tenter une huitième fois de remporter la course de votre vie en tant que skipper ?
Bekking : Il ne faut jamais dire jamais. Nous allons essayer de réunir les fonds nécessaires. C'est et ce sera toujours la tâche la plus difficile de la Volvo Ocean Race. Nous verrons quel rôle je jouerai si nous y parvenons. Mais il est important pour le sport de la voile en Hollande que nous formions à nouveau une campagne.
Pourquoi ?
Bekking : Notre pays aime cette course. C'est dans notre sang. Rien qu'à La Haye, 16.000 invités des sponsors et partenaires de toutes les équipes sont attendus la semaine prochaine pour l'arrêt au stand de la dernière étape. Parmi eux, jusqu'à 7.000 visiteurs seront nos invités. La course fait bouger les gens chez nous.
Quel est le montant idéal nécessaire pour une campagne réussie ? Est-ce que 15 millions d'euros seraient un bon budget ?
Bekking : Oh, oui ! Nous l'avons fait pour moins.
La course sur les nouveaux bateaux mono-design a-t-elle été difficile pour les navigateurs ?
Bekking : Physiquement, c'était moins dur que les courses précédentes. Nous avions moins de vent que d'habitude. Mais mentalement, c'était très dur, car tout le monde était constamment sous pression en raison des écarts très serrés.
Qu'est-ce qui vous a plu dans cette 12e édition de la course autour du monde ?
Bekking : L'équipe ! Ils sont capables de faire quelque chose et nous avons fait beaucoup de choses ensemble en dehors de la voile et nous nous sommes bien amusés. Cela m'a rappelé ma première course autour du monde avec "Philips Innovator". Chez nous, dans l'équipe Brunel, il y a une très bonne camaraderie.

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