Les courses au large peuvent aussi être extrêmement intéressantes pour les spectateurs. Du moins en ce qui concerne le départ. Des conditions difficiles, un choix de parcours favorable aux médias et une retransmission exemplaire ont offert aux passionnés de voile une bonne heure et demie de divertissement passionnant hier en fin d'après-midi. Ou plutôt de la pure action de voile.
L'enregistrement télévisé est en tout cas un must pour tous les passionnés de voile.
La répétition du départ de la deuxième étape
Avant de s'élancer dans l'océan Indien pour la deuxième étape, les sept équipes ont dû effectuer un parcours dans la Table Bay, juste en dessous de la Montagne de la Table, composé d'allures au largue et au portant. Alors que la ligne de départ était presque calme à l'abri de la montagne, le vent soufflait à près de 40 nœuds sur le côté gauche du parcours, autour du flanc ouest de la montagne. Dans de telles conditions, un bon conseil s'impose : quelle est la meilleure configuration de voile en moyenne ?
Cette courte phase d'action au départ de la deuxième étape a permis de se faire une idée de l'approche stratégique des différentes équipes sur l'ensemble de la course. Ainsi, toutes les équipes ont pris une risée sur la grand-voile, à l'exception d'Abu Dhabi qui a pris deux ris. En tant que leader du classement général, l'équipe ne voulait probablement pas prendre le risque d'endommager la grand-voile si importante si tôt dans la course.
Au cours de la course, il s'est avéré que cette configuration était la meilleure. Certes, le skipper Ian Walker a complètement raté le départ car il est resté coincé dans un trou d'air et a rapidement accusé un retard de plusieurs centaines de mètres. Mais il a ensuite rattrapé son retard à une vitesse folle dans un vent plus fort, alors que les concurrents étaient surtout occupés à se débarrasser de la pression dans les voiles.
Lors de l'empannage qui devait les ramener au Cap, les équipes ont montré tout l'éventail des possibilités de manœuvres. Mapfre, en tête, voulait sans doute défendre sa position et montrer qu'il était capable de faire mieux après sa dernière place lors de la première étape et de la course In-Port. Le skipper Iker Martinez a arraché le bateau en décrivant un arc serré autour de la marque, sans doute en souvenir de son époque olympique en 49er. La grand-voile a heurté l'étai sous le vent et les lattes auraient pu facilement se briser. Mais le matériel a tenu bon.
L'équipe chinoise Dongfeng a fait preuve d'un contraste total en effectuant un virement de bord Q au lieu d'un empannage, ce qui était pourtant considéré comme une "manœuvre de lâche". Le skipper Charles Caudrelier a de nouveau un nouvel "apprenti" chinois à bord, Liu Xue. C'est peut-être pour cette raison qu'il a hésité à prendre le risque d'un empannage en force.
De retour dans le sillage de la Montagne de la Table, le peloton s'est ensuite complètement resserré, rendant presque ridicules les efforts et les risques pris de l'autre côté du parcours, puisque toute avance ou tout retard s'est évaporé.
Lors du rapport de position de ce matin, les sept équipes étaient encore très proches les unes des autres et faisaient route vers le sud-est, en s'éloignant de l'influence d'atterrissage du Cap de Bonne Espérance. Pour les prochaines heures, l'attention se portera sur le puissant courant des Aiguilles qui pourrait perturber le peloton.

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