Volvo Ocean Race"bombe météo" à l'arrière : Les équipes s'attendent à une forte tempête

Tatjana Pokorny

 · 12.12.2017

Volvo Ocean Race : "bombe météo" à l'arrière : Les équipes s'attendent à une forte tempêtePhoto : Screenshot/VOR
Étape 3, Océan Austral : la tempête arrive
C'est dans une ambiance tendue que les navigateurs et les observateurs attendent la "bombe météo" qui va les frapper dans les prochaines heures avec un vent pouvant atteindre 55 nœuds.
  Le skipper de "Dongfeng", Charles CaudrelierPhoto : Rich Edwards/VOR Le skipper de "Dongfeng", Charles Caudrelier

La dépression vient de derrière. Et de manière violente. Les équipes de la Volvo Ocean Race s'attendent à des conditions épouvantables au cours des prochaines 24 heures. Au quatrième jour de la troisième étape, les navigateurs et leurs équipages s'attendent à ce que la grosse tempête qui s'approche par l'ouest, avec des vents en rafales jusqu'à 55 nœuds, s'abatte sur eux. Tous les équipages se sont préparés, ainsi que leurs bateaux, à ces conditions brutales. "Le vent va maintenant arriver très vite. Ça va être dur, très dur", a déclaré le skipper expérimenté de Dongfeng, Charles Caudrelier, lors d'une interview à midi. "Nous ne ferons pas de raid pendant plusieurs heures. Nous allons toujours naviguer vite, mais la priorité absolue sera de protéger l'équipage et le bateau. Notre objectif est clair : nous ne voulons rien casser".

  Voilà à quoi ressembleront les conditions de travail des équipages dans les heures à venir, et bien pire encore. On voit ici Ben Piggott à bord du Sun Hung Scallywag sous la douche permanentePhoto : Konrad Frost/VOR Voilà à quoi ressembleront les conditions de travail des équipages dans les heures à venir, et bien pire encore. On voit ici Ben Piggott à bord du Sun Hung Scallywag sous la douche permanente

La Néo-Zélandaise Bianca Cook, à bord du "Turn the Tide on Plastic" de Dee Caffari, a tenu des propos similaires. La navigatrice offshore, très expérimentée avec 70 000 milles parcourus, a déclaré : "Nous nous sommes positionnés au nord du reste de la flotte parce que nous ne voulions pas nous retrouver au milieu d'une dépression sans possibilité d'option". Mercredi midi, la séparation nord-sud entre l'équipe de Caffari au nord et le leader Dongfeng au sud était d'environ 230 milles nautiques. Dans l'animation (voir ci-dessus), on voit bien que l'équipe de Caffari tente d'échapper un peu à la violence de la tempête. Bianca Cook a déclaré : "Nous attendons des vents entre 45 et 55 nœuds. L'essentiel sera de prendre les ris avant que la dépression ne nous touche". Cook ne pense pas que son équipe sera automatiquement désavantagée par un cap très au nord et donc théoriquement plus long : "Nous ne nous tirons pas dessus, nous avons toute confiance en notre navigateur et pensons que nous pouvons peut-être naviguer plus vite au nord que les autres au milieu de la tempête". En d'autres termes, les compagnons d'armes de Caffari espèrent qu'ils auront moins à "appuyer sur le frein" que les équipages du sud. Cook a qualifié les conditions attendues de "bombe météorologique".

  La skipper de "Turn the Tide on Plastic", Dee Caffari, regarde avec fascination la dépression orageuse qui s'approche rapidement de la flotte par l'arrière.Photo : Jeremie Lecauday/VOR La skipper de "Turn the Tide on Plastic", Dee Caffari, regarde avec fascination la dépression orageuse qui s'approche rapidement de la flotte par l'arrière.

Au quatrième jour de l'étape, l'équipe Donfeng Race de Charles Caudrelier a continué à mener l'étape devant l'équipe espagnole Mapfre et l'équipe hollandaise AkzoNobel. Pourtant, la Dongfeng Race Team avait déjà franchi le 42e parallèle ! Derrière, en début d'après-midi mercredi, les équipes Vestas 11th Hours Racing et Brunel occupaient respectivement la quatrième et la cinquième place, à environ 19 et 26 milles nautiques de Dongfeng. A 40 milles nautiques de Dongfeng, l'équipe Sun Hung Kai Scallywag de David Witt s'est positionnée un peu plus au nord par rapport à la tempête qui se prépare et qui devrait désormais toucher en premier le bateau battant pavillon de Hong Kong.

RATING_THUMBS_HEADLINE
  Le skipper de "Mapfre" Xabi FernandezPhoto : Pedro Martinez/VOR Le skipper de "Mapfre" Xabi Fernandez

Sur "Mapfre", le skipper espagnol Xabi Fernandez s'est montré particulièrement serein : "Ce sera rude, mais ce sera aussi amusant". Le navigateur de "Vestas" Simon "Sifi" Fisher a choisi des mots plus radicaux : "On a l'impression d'occuper les postes de combat et de se préparer à la guerre".

  A bord de "Dongfeng", Kevin Escoffier vérifie une dernière fois le gréement avant que la tempête ne s'abatte sur la flotte par derrière.Photo : Martin Keruzore/VOR A bord de "Dongfeng", Kevin Escoffier vérifie une dernière fois le gréement avant que la tempête ne s'abatte sur la flotte par derrière.

Les plus lus dans la rubrique Régate