Pour les plaisanciers grecs, c'est une véritable impression de déjà-vu : pour la troisième fois, le Parlement grec discute d'une taxe sur les yachts à voile. En 2014, cette taxe avait déjà été décidée et publiée sous forme de loi, mais elle n'a jamais été mise en pratique en raison des protestations massives des associations professionnelles et des sociétés de location.
Achim Rollhäuser, le représentant pour la Grèce du département des croiseurs de la DSV, fait maintenant état d'une nouvelle tentative. Celle-ci a été considérablement allégée par rapport à la version de 2014. Le débat est ouvert :
La version 2014 de la loi prévoyait également de taxer les bateaux de moins de douze mètres. Il était alors question d'un forfait de 200 euros jusqu'à sept mètres, de 300 euros jusqu'à dix mètres et de 400 euros jusqu'à douze mètres. Les bateaux de location devaient certes bénéficier d'un rabais de 50 pour cent, mais étaient par ailleurs soumis à la taxe. La nouvelle réglementation coûterait beaucoup plus cher pour les bateaux de 15 mètres et plus, pour lesquels les prix ont doublé, voire triplé ou quadruplé.
Mais la grande question est de savoir si la taxe, si elle est adoptée telle quelle, sera appliquée. Selon le représentant de KA, Rollhäuser, l'association des marinas et l'association des propriétaires de bateaux privés s'opposent déjà à la nouvelle réglementation. Selon les estimations des initiés grecs, les discussions devraient toutefois être terminées d'ici la fin de l'année. L'astuce habituelle de la bureaucratie grecque est qu'une loi est certes votée et mise en vigueur, mais que le décret d'application pour les autorités exécutives n'est ensuite pas publié. Il reste donc à voir si celui-ci verra effectivement le jour en 2017.
Cette nouvelle initiative est d'autant plus surprenante qu'après l'expérience de la taxe sur les bateaux en Italie il y a quelques années, il est certain que celle-ci entraînera un recul massif des exploitants de ports et des entreprises de services. A l'époque, selon les estimations de l'association professionnelle Asso Marinas, plus de 20.000 bateaux de plaisance avaient quitté l'Italie, avaient été mis hors service ou vendus à l'étranger après la perception de la taxe. Après l'effondrement du secteur, l'État a rapidement supprimé la taxe. L'examen des nombreuses clauses d'exception de la solution grecque rend également une mise en œuvre simple et efficace plutôt difficile.
En revanche, les taxes territoriales, comme le transitlog croate, qui doivent être payées par chaque équipage de bateau/charter en fonction de la taille du bateau, sont considérées comme nettement plus praticables, mais sont nettement moins élevées, de l'ordre de 10 % du plan grec.

Rédacteur Voyage