Andreas Fritsch
· 06.02.2020
Les garde-côtes grecs ont fait sensation avec une mesure surprenante : dans une circulaire, la Hellenic Coast Guard informe ses antennes qu'à l'avenir, les plaisanciers qui partent en mer malgré les alertes météo des autorités et des services météorologiques grecs participeront aux frais d'éventuelles opérations de sauvetage ultérieures et seront sanctionnés par des amendes.peuvent être. C'est ce que rapportent de nombreux médias grecs.
La lettre informe les autorités locales que, dans les cas où des plaisanciers déclenchent à la légère une opération de sauvetage de grande envergure alors que les services météorologiques et les autorités portuaires ont émis des avertissements de mauvais temps, les autorités policières ont pour instruction d'enquêter sur les personnes secourues et, en cas de délit d'imprudence, de recourir aux sanctions juridiques existantes. La loi grecque prévoit cette possibilité depuis longtemps, mais il semble qu'elle ait été peu utilisée jusqu'à présent.
Cette mesure est nécessaire au vu de la forte augmentation du nombre d'interventions pour des plaisanciers manifestement imprudents, car les opérations mettent également en danger la vie des bénévoles et des fonctionnaires.
Le texte original en anglais dit:
"A la lumière de ce qui précède, compte tenu de l'augmentation des incidents de recherche et de sauvetage impliquant des personnes faisant usage des moyens prévus au point (b), en vue d'éviter, dans la mesure du possible et de quelque manière que ce soit, des événements futurs qui imposent une charge excessive et inutile aux personnels concernés, ainsi que l'incertitude de leur issue favorable, mettant souvent en péril la vie de personnes qui se prennent en charge pour la communauté dans son ensemble, par la faute du secteur privé de ces personnes, en particulier lorsqu'elles se produisent dans des conditions météorologiques extrêmement défavorables, connues de bien des manières par toute personne physique (du moins par le biais des médias du 21e siècle et des médias sociaux), y compris :
4.1 intensifier les inspections de police pour vérifier le respect de l'article 33, paragraphe b), en ce qui concerne l'utilisation des installations marines de loisirs dans des conditions météorologiques défavorables et, en cas de violation de cette disposition, appliquer les sanctions prévues.
4.2 Informer correctement votre personnel de service et d'autorité portuaire de ce qui précède, ainsi que les clubs maritimes, les loueurs de navires et les propriétaires de bateaux à grande vitesse opérant dans votre zone de responsabilité, conformément aux dispositions de la C20".
Cette décision a été prise suite à plusieurs opérations de sauvetage qui ont fait grand bruit. A Noël, par exemple, un surfeur de 52 ans est parti faire du surf avec des prévisions de vent de 40 à 46 nœuds et des avertissements météorologiques correspondants, et a été repoussé en mer. Dans un autre cas, un stand-up paddler à l'est d'Athènes avait eu des problèmes en mer alors que les prévisions annonçaient des rafales de 47 à 63 nœuds. Dans les deux cas, les personnes ont pu être sauvées lors d'opérations de sauvetage de grande envergure. Aucun exemple concret de skippers de voiliers ayant déclenché des opérations de sauvetage sans réfléchir n'a été donné.
Si les plaisanciers devaient participer aux frais de telles interventions, cela pourrait rapidement coûter très cher. Selon certains médias grecs, la Coast Guard a chiffré le coût d'une intervention en hélicoptère à 4000 euros par heure.
La sévérité surprenante des autorités s'inscrit dans la ligne suivie par la Grèce depuis quelques années déjà. Ainsi, des skippers de bateaux charters qui avaient touché le fond et qui avaient dû être remorqués ou dont des membres d'équipage avaient été blessés à bord ont été officiellement poursuivis en justice pour mise en danger de la navigation. Certes, ces procès se soldent généralement par une amende relativement faible de quelques centaines d'euros, mais la présence obligatoire au tribunal et la nécessité de prendre un avocat grec peuvent vite coûter cher.
Les skippers de location sont donc bien avisés de tenir compte des avertissements météorologiques des autorités grecques et de rester au port en cas d'avertissements correspondants. Si les prévisions annoncent un temps très mauvais, il est alors judicieux de suivre les prévisions grecques sur le canal VHF 16 ou d'utiliser les Site web du service météorologique grec de garder un œil sur les alertes. Sur la page d'accueil, les alertes actuelles sont indiquées directement en haut.
De nombreux contrats de location prévoient de toute façon que l'on ne peut plus sortir en mer si le vent dépasse 7 Beaufort ou une limite de nœuds plus précisément définie. Dans les grands ports dotés de bureaux portuaires professionnels, ces derniers sont parfois même officiellement fermés en cas de fortes tempêtes, et il est alors interdit de quitter le port. Cela arrive souvent en automne et au printemps dans la région d'Athènes ou sur les grandes îles.

Rédacteur Voyage