L'incident survenu à Olpenitz est un signal d'alerte pour tous les amateurs de sports nautiques : selon les informations fournies par les pompiers volontaires de Kappeln-Olpenitz, un incendie s'est déclaré jeudi soir à bord d'un yacht à moteur alors que les occupants cuisinaient, à la suite d'une explosion de graisse. Un homme à bord a brièvement perdu connaissance, mais a tout de même pu, après s'être réveillé, alerter lui-même les secours.
25 pompiers sont intervenus pour éteindre l'incendie ; la police a estimé les dégâts à plusieurs dizaines de milliers d'euros ; par ailleurs, un navire de sauvetage en mer de la DGzRS a assuré la sécurité de l'opération. La chaîne NDR avait rendu compte de cet événement.
Cet incident montre à quel point les incendies peuvent être dangereux, notamment dans la cuisine – surtout sous le pont, où la chaleur, l'exiguïté, les matériaux inflammables et la fumée forment en un clin d'œil un mélange mortel.
Un incendie de graisse, ça fait penser à un accident de cuisine. À bord, c'est tout le contraire : une situation d'urgence extrêmement critique. En effet, les yachts concentrent dans un espace restreint presque tout ce dont le feu a besoin pour se propager rapidement : flammes nues ou plaques de cuisson chaudes, bois et matières plastiques dans les finitions, rembourrages, rideaux, produits d'entretien, installation électrique, alimentation en gaz.
Par le passé déjà, nous avons régulièrement classé la cuisine parmi les principales sources de danger à bord ; l'électricité, le gaz et les machines présentent d'autres risques. Sous le pont, il faut ajouter à cela le risque de chute et l'exiguïté des issues de secours. Vous trouverez ici un guide répertoriant les 20 principales sources de danger à bord.
Ce qui est particulièrement dangereux, c'est qu'un feu de graisse se déclare souvent dans une situation que tout le monde connaît. La poêle devient trop chaude, l'huile commence à fumer, quelqu'un est distrait par une tâche, par la navigation ou par une conversation… et en quelques secondes, la graisse s'enflamme.
À cet égard, la cuisine est d'ailleurs un lieu à risque, où se cumulent plusieurs dangers : brûlures, gaz, monoxyde de carbone et, justement, incendies de graisse.
En cas d'urgence, la plus grande erreur est presque toujours la même : verser de l'eau sur de la graisse enflammée. Les feux de graisse présentent un risque d'explosion ; il suffit toutefois d'éteindre la cuisinière et de recouvrir les flammes d'un couvercle pour étouffer un début d'incendie. Si vous pouvez encore accéder sans danger à la cuisinière ou à la vanne de gaz, commencez par éliminer la source de chaleur. Ensuite, il faut priver le feu d’oxygène et ne pas céder à la panique.
Pour éviter d'en arriver là, c'est avant tout une question de discipline. Les casseroles et les poêles ne doivent jamais être laissées sans surveillance à bord. Les objets inflammables, tels que le papier essuie-tout ou les torchons, ne doivent pas se trouver à proximité des flammes.
En mer, le risque est encore plus grand, car les mouvements du bateau rendent la cuisine dangereuse ; nous recommandons donc d'être particulièrement prudent dans la cuisine lorsque la mer est agitée. La prévention passe alors aussi par : réduire la chaleur, maintenir l'ordre, éviter les distractions et donner des consignes à l'équipage.
Si un incendie se déclare malgré tout, chaque seconde compte et le respect des procédures est essentiel. Il est recommandé de procéder comme suit :
Il est tout aussi important que l'équipage sache où se trouvent les extincteurs, la couverture anti-feu, l'interrupteur général et la vanne d'arrêt du gaz. Un équipement de qualité ne sert à rien s'il faut d'abord le chercher en cas d'urgence. Nous avons décrit ici comment se préparer à toutes sortes de situations d'urgence.
Pourquoi un incendie sous le pont est-il si dangereux ? Les tentatives d'extinction sur les bateaux sont risquées ne serait-ce qu'en raison de la faible hauteur sous plafond, car les flammes peuvent se retourner contre les personnes. Mais la fumée est encore plus dangereuse. Dans un espace clos, elle réduit la visibilité en un clin d’œil, bloque les issues de secours et peut rendre les personnes incapables d’agir bien avant que les flammes ne les atteignent.
Le cas d'Olpenitz en est une illustration frappante : là-bas, la fumée à l'intérieur du yacht était si dense que le propriétaire a brièvement perdu connaissance.
Mais la cuisine n'est pas la seule source d'incendie. Les causes fréquentes d'incendie se trouvent principalement dans la salle des machines, par exemple des conduites de carburant qui fuient, des câbles en surchauffe ou des températures trop élevées dues à une mauvaise ventilation. On peut également citer les installations électriques défectueuses, la corrosion et les raccords vissés desserrés, qui peuvent entraîner un dégagement de chaleur et provoquer un incendie.
C'est précisément pour cette raison que la sécurité incendie à bord ne doit jamais être considérée comme une question relevant uniquement de la cuisine, mais comme faisant partie intégrante d'un dispositif de sécurité global.
Il convient également d'examiner attentivement l'équipement. Il existe différents systèmes d'extinction d'incendie, allant des solutions fixes pour le compartiment moteur aux extincteurs à mousse. Pour la cuisine, il faut en outre tenir compte des points suivants : quiconque cuisine à bord ne doit pas seulement penser au menu, mais aussi aux couvercles, à la couverture anti-feu, à un extincteur de classe F, à la vanne d'arrêt du gaz et à des procédures claires. Car sur l'eau, un feu de graisse n'est pas une simple scène de cuisine, mais une question de minutes – voire parfois de secondes.

Chef de texte YACHT