Les équipages qui font des croisières en eau bleue dans les mers du Sud pourraient à l'avenir rencontrer un problème lors de leur séjour en Polynésie française : Depuis cette année, les mouillages sont limités, voire interdits sur de nombreux sites populaires de l'archipel des îles de la Société. C'est ce que rapportent unanimement l'Association des Voiliers en Polynésie (AVP), des navigateurs au long cours sur place ainsi que le portail de l'eau bleue Noonsite.
De moins en moins de possibilités d'ancrage
Ce sont surtout les mouillages populaires de Tahiti et d'autres îles de l'archipel comme Moorea, Raiatea et Bora Bora qui sont concernés. À Tahiti, les yachts au mouillage le plus important de l'île auraient déjà été priés de quitter les lieux.
Sur l'île de Moorea, voisine directe de Tahiti, seul un nombre limité de bateaux sera autorisé à mouiller pour une durée limitée à des endroits désignés. Ceux-ci se trouvent principalement au nord de l'île. Et à Bora Bora, il ne sera plus du tout permis de jeter l'ancre devant son propre mouillage ; les yachts ne pourront rester que sur des murings mis à disposition contre paiement.
Des alternatives pour les mouillages au large de Tahiti ne sont apparemment pas prévues. Les places dans les ports de l'île sont limitées et rapidement remplies.
Objectif stratégique pour les circumnavigateurs
Tahiti et les îles environnantes sont des destinations importantes pour les circumnavigateurs qui traversent le Pacifique. L'île est la plus grande de l'archipel des îles de la Société et l'une des rares dans le Pacifique Sud à offrir l'infrastructure nécessaire à l'avitaillement et aux réparations importantes. C'est pourquoi la plupart des yachts de passage y font escale.
Des rallyes de voile comme la World ARC ou la Tahiti Pearl Regatta y font en outre escale avec leurs flottes. La nature et la culture de ces îles volcaniques en font également des destinations que beaucoup n'aiment pas manquer.
Fermé pour cause de surpopulation ?
Pour expliquer le durcissement des règles pour les yachts au mouillage, l'AVP fait référence au nombre croissant de yachts à voile dans la région depuis des années. Les visas de longue durée sont faciles à obtenir, les yachts peuvent rester trois ans avant de devoir être officiellement importés. Les revenus du tourisme maritime, qui comprend également les bateaux de croisière, constituent une source de revenus stratégique importante pour la Polynésie française, selon l'AVP.
Mais maintenant, le nombre de yachts devient apparemment trop important pour les locaux, et la protection des mouillages et des récifs coralliens joue également un rôle.
L'avenir des plaisanciers sur place et des yachts qui arrivent est encore incertain, rapportent les plaisanciers allemands de Tahiti. La situation dans les mouillages de l'une des destinations les plus populaires de la Route des Pieds Nus est encore en constante évolution.