Ultim ChallengeCe sera un départ en trombe !

Andreas Fritsch

 · 06.01.2024

Ultim Challenge : ce sera un départ en trombe !Photo : Vincent Curutchet/Sodebo
"Sodebo Ultim 3" avec le skipper Thomas Coville
Dimanche à 13h30, les six maxi-tris se lanceront dans la course autour du monde au large de Brest. La météo s'annonce optimale, les bateaux devraient passer le golfe de Gascogne à toute vitesse. Où suivre le départ en direct à l'écran et ce qu'il faut encore savoir

Après près de 15 ans de planification, de l'idée initiale au départ, c'est enfin une réalité : dimanche à 13h30, heure française, les skippers des six Ultim-Tris s'élanceront dans une course sans escale autour du monde. Et ce à la vitesse d'une flèche : grâce à un anticyclone stable sur le nord de la France, les prévisions météorologiques annoncent pour le départ un vent de 9 à 17 nœuds de nord-est dans les rafales, une hauteur de vague inférieure à deux mètres et même quelques rayons de soleil. Ce sont des conditions idéales pour les bateaux, on peut s'attendre à ce que les skippers atteignent assez rapidement des vitesses supérieures à 30 nœuds. En effet, un vent triple n'a plus rien d'exceptionnel pour ces bateaux. Ils auront probablement parcouru facilement les 350 milles du golfe de Gascogne d'ici lundi matin, mais il se peut que le vent tombe un peu à la sortie du golfe de Gascogne. Il ne serait guère étonnant que les bateaux dépassent facilement la limite des 600 milles dans les premières 24 heures.

Les prévisions de vent pour le départ de dimanche à 13h30 selon le modèle ECMWFLes prévisions de vent pour le départ de dimanche à 13h30 selon le modèle ECMWF

De telles conditions promettent de belles images pour les fans de Mega-Tris. Et le meilleur moyen de les voir en direct est de consulter la page de l'événement sur Youtube ou sur Facebook. Comme d'habitude, les bateaux seront suivis par des hélicoptères et des drones, des images spectaculaires sont donc garanties. Ensuite, un coup d'œil régulier sur le Race Tracker devrait permettre aux fans d'adoucir les froides journées d'hiver en Allemagne.

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A partir de mardi, le vent sera stable vers le sud au large des côtes portugaises, on peut donc s'attendre à ce que les bateaux passent très rapidement les Canaries. Presque tous les skippers ont exprimé leur soulagement, car les nombreuses tempêtes d'ouest qui ont touché les côtes françaises cet hiver laissaient présager un départ dans des conditions brutales, comme lors de la dernière Transat il y a deux mois ou de la Route du Rhum 2022. Il y a donc plus de chances que le peloton arrive vers le sud de l'Atlantique sans trop de pertes ni de dégâts.

Ce à quoi il faut s'attendre dans les premiers jours suivant le lancement de l'Ultim Challenge

A la différence du Vendée Globe, la course autorise le routage météo externe par des spécialistes à terre. Depuis mercredi, l'équipe de routage d'Armel Le Cléac'h a pris son rythme de croisière : "Notre unité météo est sur place à Lorient depuis mercredi. Il y a maintenant des briefings fixes tous les jours et nous travaillons sur la stratégie parfaite et sur la meilleure façon de travailler ensemble pendant la course". En raison du risque de chavirement, le routage de la classe Ultim a été décidé il y a plusieurs années déjà. Les équipes de pointe ont jusqu'à trois hommes sur le pont 24 heures sur 24, qui suivent tous les changements et élaborent la tactique météo avec le skipper. Mais cela a ses limites, comme le montre Interview du skipper Charles Caudrelier sur YACHT a récemment fait remarquer.

Armel Le Cléac'h, skipper de l'équipe Banque Populaire, décrit ce qui va se passer les premiers jours : "Si les bonnes conditions de départ se prolongent, il sera facile d'être rapide sans avoir à forcer. D'un autre côté, il est intéressant de découvrir où l'on peut et où l'on doit réellement placer le curseur, si l'on doit finalement le faire dans d'autres conditions". En effet, même si les bateaux se sont affrontés il y a seulement deux mois lors d'une transatlantique, il n'est pas évident de savoir exactement qui se situe où, car "Edmond de Rothschild", "Sodebo Ultim" et aussi "Actual" ont connu des problèmes techniques et sont restés bien en deçà des possibilités de leurs bateaux. Ces trois équipes ont pourtant apporté des améliorations techniques à leurs bateaux, Sodebo avec un mât plus long et une surface de voile plus importante et les deux autres avec des foils modifiés.

Même si la pression est forte, Armel Le Cléac'h se réjouit de la course :

"En 25 ans de carrière, je n'ai jamais dépassé l'île de l'Ascension en multicoque. Maintenant, je vais aller loin et j'espère faire tout le tour du monde. Cette perspective est excitante, me donne envie de me lancer et me rend heureux. J'ai de la chance de pouvoir le faire sur un Ultim sur lequel je me sens bien et qui peut atteindre des vitesses impossibles à atteindre avec d'autres bateaux. Savoir que je peux être au Cap de Bonne Espérance au bout de douze jours et au Cap Horn dans trente change complètement la vision d'un tour du monde tel que je l'ai connu jusqu'à présent. Dans un Imoca, il faut un mois pour atteindre le Cap de Bonne Espérance et presque le double pour passer le Cap Horn. Nous entrons dans une nouvelle dimension" !


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Andreas Fritsch

Andreas Fritsch

Rédacteur Voyage

Andreas Fritsch est né en 1968 à Buxtehude et navigue depuis son enfance sur l'Elbe, puis sur la Baltique, d'abord en dériveur, puis sur ses propres quillards. Après des études de sciences politiques, de littérature allemande et d'histoire à Münster, il a commencé à travailler comme journaliste et a rejoint la rédaction de YACHT en 1997. Depuis 2001, il se concentre sur les thèmes du voyage et du charter, ce qui l'amène à naviguer dans presque toutes les zones de navigation du monde et à affréter régulièrement des bateaux, surtout en Méditerranée, où sa zone de prédilection est la Grèce. Il a écrit deux guides de navigation pour la Méditerranée (Guide de la mer Ionienne et Guide de la côte turque). Outre les voyages, il est fan de la scène Open 60 et Maxi Tri et écrit régulièrement sur ces sujets dans YACHT. Depuis quelques années, il navigue sur la mer Baltique avec un classique en fibre de verre de type Grinde.

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