Tatjana Pokorny
· 20.11.2021
L'idée des organisateurs de la Jacques Vabre d'envoyer les équipages des quatre classes différentes sur des parcours de longueurs différentes à travers l'Atlantique sera probablement récompensée par une finale captivante. Selon les calculs actuels, les premiers à franchir la ligne d'arrivée mardi soir prochain seront les géants Ultim, au large de Fort-de-France, en Martinique. Mais les poursuivants de la division Ocean-Fifty ainsi que les Imocas ne se feront pas trop attendre. Seul le peloton des Class 40, dont la moitié environ a passé le Cap-Vert, mettra plus de temps. Voici un aperçu de la situation actuelle des bateaux sur la carte :
Les deux C restent en tête des géants des mers : Charles Caudrelier et Franck Cammas sur "Maxi Edmond de Rothschild". Après 13 jours de mer, le duo de tête français avait encore environ 1200 milles à parcourir jusqu'à l'arrivée. Armel Le Cléac'h et Kevin Escoffier de "Banque Populaire XI" suivaient avec 400 milles de retard. A une centaine de milles derrière, François Gabart et Tom Laperche sur "SVR Lazartique" étaient en mode attaque et naviguaient à plus de 30 nœuds de vitesse. Ce n'est pas sans raison qu'Armel Le Cléac'h s'est signalé du bord avec cette pensée : "Nous avons François et Tom sous surveillance étroite, de sorte qu'ils ne puissent pas nous prendre trop de milles".
Après un long passage d'empannage en empannage, les Ultimes, tout comme les équipages des plus petits Ocean Fifties, peuvent se réjouir de la dernière ligne droite qui devrait les mener à la Martinique à un rythme effréné, presque comme sur une autoroute et sans trop de manœuvres.
Les équipages de l'Ocean Fifty ont récemment eu du mal avec leurs séries d'empannages dans 20 à 25 nœuds de vent. Les deux co-skippers de Leyton, Sam Goodchild et Aymeric Chapelier, en savent quelque chose. Goodchild a déclaré : "Nous étions très occupés par les empannages, qui n'étaient séparés que par une heure environ. C'est pourquoi nous n'avons eu que 45 minutes de sommeil chacun en dernier. Par rapport à 'Koesio', nous n'avons pas été aussi rapides récemment. Cela nous oblige à essayer de nouvelles choses. Ce faisant, nous découvrons aussi petit à petit de nouvelles possibilités".
Samedi en fin d'après-midi, Sébastien Rogues et Matthieu Souben sur "Primonial" étaient en tête de la flotte des Ocean Fifty. Derrière eux, Erwan Le Roux et Xavier Macaire sur "Koesio" et l'équipage de "Leyton" se disputaient la deuxième place, avec moins de 30 milles d'écart.
Chez les Imoca, Thomas Ruyant et Morgan Lagravière sur "LinkedOut" ont continué à défendre leur position de leader devant les grands favoris Charlie Dalin et Paul Meilhat sur "Apivia" au début de la 14e journée en mer. L'équipage de "LinkedOut" a été le premier à franchir le point de passage de Fernando de Noronha.
Derrière "Apivia" suivaient en début de week-end "Charal", "Arkéa Paprec" et "Initiatives Cœur", dont la skipper Sam Davies a déclaré : "Nous sommes heureux d'avoir atteint les alizés vers le sud. Nous allons vite ! Les courants et les conditions météo ont été compliqués. Nous avons dû beaucoup empanner. C'était assez sportif. Mais nous y sommes habitués après les Canaries et le Cap-Vert". Cette constatation a fait rire Davies lui-même, puis il a poursuivi : "Nous nous réjouissons déjà de voir les côtes de la Martinique. Mais pour l'instant, nous vivons le moment présent". La franco-allemande Isabelle Joschke, née à Munich, était dernièrement 13ème avec Fabien Delahaye sur son "Macsf".
C'est dans le groupe de tête de la flotte des Class40 que la situation est la plus tendue. Les dix premiers bateaux ne sont séparés que par 70 milles. En tête, Antoine Carpentier et Pablo Santurde Del Arco sur "Redman" continuent de donner le tempo. A moins de 40 milles, Charles-Louis Mourruau et Andrea Fantini sur "Guidi" se disputent la deuxième place avec Jonas Gerckens et Benoit Herzsprung sur "Volvo", alors qu'il ne reste que 2000 milles à parcourir.
A l'instar des solitaires de la Mini Transat, les équipages en double de la Class40 de la Transat Jacques Vabre doivent désormais décider de la distance qu'ils vont parcourir vers le sud avant d'entamer le saut vers l'ouest de l'Atlantique. Le scénario semble comparable : Moins de vent, mais une route plus courte à l'ouest sont à mettre en balance avec une route plus longue avec plus de vent au sud. Lors de la mini-transat, les courageux du sud s'étaient imposés. Cela pourrait à nouveau se produire. Cliquez ici pour voir les résultats intermédiaires !. Et voici le tracker.

Reporter sport