Tatjana Pokorny
· 30.01.2024
Le "leader solitaire" de l'Arkea Ultim Challenge s'approche de l'endroit le plus isolé du monde : Charles Caudrelier a navigué mardi vers le Point Nemo après la 22e nuit de l'Arkea Ultim Challenge, avec environ 2 600 milles d'avance sur son dauphin Thomas Coville. Mardi matin, le skipper du Maxi Edmond de Rothschild n'avait plus que 1 500 milles à parcourir pour atteindre le "pôle d'inaccessibilité" du Pacifique. La Pointe Nemo est le point du globe le plus éloigné de la terre ferme et des îles.
Depuis la longitude du Point Nemo, Charles Caudrelier, qui a sprinté à travers le Pacifique avec une moyenne de près de 35 nœuds en quatre heures, doit encore parcourir environ 2 000 milles jusqu'au Cap Horn. Il pourra alors tourner à gauche dans l'Atlantique et s'engager dans la dernière ligne droite.
Après trois bonnes semaines de mer, le numéro un de Gitana continue donc de battre son record. En 2017, le recordman François Gabart avait fait le tour du monde en 42 jours, 16 heures, 40 minutes et 35 secondes. Caudrelier a montré lors de sa première demi-course que lui et son bateau avaient les moyens de battre ce temps fabuleux.
Le sénario derrière Caudrelier est de plus en plus passionnant. Pendant longtemps, Thomas Coville ("Sodebo Ultim 3") a occupé la deuxième place sans être inquiété. Désormais, Armel Le Cléac'h se rapproche de lui par l'arrière, à une vitesse élevée de 36 nœuds. Mardi matin, seuls 300 miles nautiques les séparaient encore.
Si l'on considère l'arrêt pour réparation de 24 heures d'Armel Le Cléac'h à Recife, au Brésil, c'est une performance exceptionnelle qu'il a réalisée sur le bateau bleu "Banque Populaire XI". Du jour au lendemain, Armel Le Cléac'h a passé le cap Leeuwin. Il pourrait bientôt rejoindre Thomas Coville, qui n'a fait "que" 30 nœuds de moyenne ces dernières heures.
"Beaucoup de vent, beaucoup de mer... sans un instant de répit", c'est ainsi qu'Armel Le Cléac'h avait décrit les conditions de dimanche. Et c'est à peu près ce qu'elles étaient encore mardi matin. "Banque Populaire XI" navigue à l'avant d'un front qui se creuse dans son sud-ouest.
"Cette dépression lui permet d'avoir un excellent parcours", explique Fred Le Peutrec de la direction de course. Mais c'est compliqué, car Le Cléac'h doit rester devant le front, ne pas se faire rattraper par la dépression. De plus, le skipper de Banque Populaire XI doit faire face à une mer agitée. Mais le skipper de 46 ans, originaire de Saint-Pol-de-Léon, tient très bien sa course de rattrapage.
Pour Thomas Coville, en revanche, rien n'est simple. Selon Fred Le Peutrec, il est difficile d'imaginer que le skipper ne soit pas "handicapé par un (ou plusieurs) problème(s) technique(s)". On se rend compte qu'il va moins vite, que la différence de vitesse est importante, a expliqué Fred Le Peutrec. De plus, Coville est resté très au nord, beaucoup plus au nord que "Maxi Banque Populaire XI". Mais jusqu'à présent, l'équipe de Sodebo ne s'est pas encore exprimée sur d'éventuels autres problèmes techniques.
Avec 5 785 milles de retard sur le leader Charles Caudrelier, Anthony Marchand, quatrième sur "Actual Ultim 3", est lui aussi bien reparti. L'homme de 38 ans, originaire de Saint-Brieuc, a navigué le 30 janvier aux alentours du 45e degré de latitude sud, au plus profond de l'océan Indien.
Le skipper d'Adagio, Éric Péron, s'est lancé à sa poursuite dans des vents toujours légers. Mardi matin, Péron avait plus d'un océan de retard sur Charles Caudrelier, qui a parcouru près de 6 900 milles.

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