L'homme de 53 ans du Hamburger Segel-Club a repris feu, il veut continuer à naviguer dans la classe jusqu'à ce que l'Imoca prévu soit prêt, probablement à l'automne 2023. "Le Figaro est impitoyable". Tel est le premier bilan de Jörg Riechers après les trois étapes brutales de la 53e édition. Le navigateur en solitaire de Hambourg avait terminé la troisième et dernière étape dans la nuit du 8 septembre à la 22e place. Au classement général, cela signifie la 21e place pour le skipper allemand qui avait si formidablement débuté la course avec une quatrième place lors de la première étape. "J'ai raté cette dernière étape sur le plan tactique", reconnaît-il honnêtement. Et c'est ce qui s'est passé : "Après un bon départ à Arcachon, j'ai navigué sous gennaker plus au nord, les autres plus bas sous spinnaker. Malheureusement, ce que j'ai pu obtenir comme trajectoire directe n'était pas aussi efficace que la vitesse de bateau que les autres avaient. Ensuite, le parcours de l'étape était en grande partie défini".
La courbe d'apprentissage de Riechers a été abrupte. Lors de la deuxième étape, l'entrée d'eau due à une trappe d'inspection défectueuse suite au remesurage et un "blackout" de l'ordinateur de bord l'avaient freiné sans qu'il en soit responsable. Parmi les principaux enseignements de l'attaquant d'"Alva Yachts", il y a celui-ci : "En Figaro, tu ne peux pas prendre autant de risques qu'en Mini ou en Class 40, par exemple, où il y a plus d'options de rattrapage et de dépassement. En Figaro, tu n'as pas cela. Là, tu dois toujours rester un peu dans le mainstream, utiliser les options à gauche et à droite plutôt en petit format". Avec l'expérience acquise, Jörg Riechers veut continuer dans cette classe l'année prochaine. "Cela reste le meilleur circuit pour se préparer à la voile Imoca", explique le routinier qui vit en France avec sa femme Tiphaine Riechers. Il va maintenant faire une pause de deux semaines avant de reprendre l'entraînement.
La victoire finale de cette 53e édition de la classique française est revenue à Tom Laperche, 25 ans, sur "Région Bretagne - CMB Performance". La vitesse du bateau du Français était à nouveau irrésistible pour sa quatrième participation au Figaro. En 2019, il avait pris le départ en onzième position, en 2020 et 2021, il était déjà monté sur le podium en troisième position. Jörg Riechers déclare avec respect devant la performance de Laperche : "Tom est un maître dans son domaine. Il ne prend jamais de risques, sa tactique n'a rien d'ingénieux. Il s'en sort avec une vitesse de bateau exceptionnelle. C'est comme ça depuis le début de la saison".
L'attaquant Guillaume Pirouelle ("Région Normandie"), qui avait pris un départ en fanfare et mené le classement après deux des trois étapes de 630 à 700 milles nautiques chacune, a dû s'incliner devant le grand favori du départ, Tom Laperche, lors du décompte final. Mais c'est aussi un grand succès pour Guillaume Pirouelle.
Le champion du monde jeune de 470 n'est très actif dans la classe que depuis deux ans. Après avoir additionné les temps des trois étapes et déduit les bonus de vitesse obtenus - 11 minutes au total pour Laperche et 5 minutes pour Pirouelle -, 1 heure, 5 minutes et 54 secondes seulement séparaient le vainqueur radieux et le deuxième du classement final, presque aussi heureux. Laperche a remporté le Figaro avec un temps de navigation total de 10 jours, 20 heures, 20 minutes et 22 secondes. La troisième place a été remportée par Achille Nebout sur "Amaris - Prime Energie" en 10 jours, 21 heures, 55 minutes et 19 secondes.
La meilleure navigatrice de cette édition a été Elodie Bonafous, troisième de l'étape finale, qui s'est encore une fois retrouvée sous les feux de la rampe dans le sprint final et a obtenu la huitième place au classement général. Pour sa troisième participation au Figaro, la skipper de 26 ans de "Queguiner La Vie en Rose" n'a mis que trois heures et demie de moins que le vainqueur. Cliquez ici pour le classement final.
La nouvelle venue Susann Beucke du Norddeutscher Regatta Verein a encore navigué le 8 septembre dans la phase finale de l'étape trois, même si le bateau, apparemment un peu déréglé, n'a pas réussi à s'en sortir. Suivi en direct des informations différentes ont été données à ce sujet. La médaillée d'argent en 49er FX aux Jeux olympiques du Japon n'est passée à la classe Figaro qu'en janvier 2022 avec sa campagne "This race is female". Pour son ascension en tant que navigatrice en solo, elle a délibérément choisi la plus exigeante de toutes les classes. Son objectif à long terme est de participer au Vendée Globe 2028.
Lorsqu'elle a pris sa décision, elle savait que le chemin qu'elle emprunterait pour passer de l'avant d'un 470 et d'un skiff à la barre d'un voilier en solo serait escarpé et semé d'épines. Beucke devrait atteindre l'arrivée de la dernière étape en avant-dernière position. C'est cette 28e place qu'elle occupera au classement général, après quatre abandons d'autres concurrents pour sa première en Figaro.

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