Tatjana Pokorny
· 18.07.2023
Lorsque sept bateaux ont pris le départ de la première Fastnet Race en 1925, personne ne pouvait imaginer que cette course deviendrait l'une des épreuves offshore les plus connues du monde de la voile. 98 ans plus tard, le Royal Ocean Racing Club (RORC) britannique, organisateur de la course, ses nombreux partenaires et des milliers de navigateurs célèbrent la 50e édition de cette fascinante course de fond.
Il suffit de regarder les noms des bateaux gravés sur la Fastnet Challenge Cup pour comprendre l'héritage de la course" (Paul Cayard)
Des amateurs, des navigateurs expérimentés et des professionnels de renom relèvent le défi sur des bateaux d'âges, de designs et de tailles très différents. Vingt-sept bateaux allemands seront également de la partie pour cette édition anniversaire. La Rolex Fastnet Race jouit d'une réputation légendaire dans le monde entier et a déjà attiré de nombreuses personnalités du sport dans le sud de l'Angleterre, là où la Coupe de l'America a vu le jour en 1851 : dans la petite ville maritime de Cowes, sur l'île de Wight, dans le sud de l'Angleterre.
Paul Cayard, figure de l'America's Cup et de l'Ocean Race aux États-Unis, résume ainsi la situation : "Quiconque a déjà participé à la Rolex Fastnet Race a un sentiment immédiat de son histoire unique et de l'impact que son développement a eu sur l'évolution de la course au large. Il suffit de regarder les noms des bateaux gravés sur la Fastnet Challenge Cup pour comprendre l'héritage de la course et pourquoi elle est si appréciée".
Si beaucoup de choses sont restées identiques pendant près d'un siècle, une chose a fortement changé : Pour la deuxième fois consécutive, le parcours ne mène pas de Cowes à Plymouth via les rochers du Fastnet comme autrefois, mais se termine à Cherbourg en France. En quittant le Solent vers l'ouest, la flotte passe par des points de repère connus dans la Manche, dont les Needles à l'extrémité ouest du Solent, Portland Bill, Start Point, The Lizard et Land's End, avant de s'engager dans le passage en eau libre à travers la mer Celtique jusqu'au point de virage symbolique du Fastnet Rock au large de la côte sud de l'Irlande.
Le célèbre phare situé sur le rocher escarpé et stable de la mer d'Irlande marquera le point symbolique de mi-parcours du parcours, avant que la flotte ne prenne le chemin du retour vers Cherbourg, port d'arrivée, en passant par les Scilly. Après le lancement réussi du nouveau parcours en 2021, la France, passionnée de voile, reste partenaire des organisateurs britanniques pour la 50e Rolex Fastnet Race, pour le plus grand plaisir des nombreuses équipes françaises participantes.
Cette année, l'affluence des participants n'a jamais été aussi importante. Une gigantesque flotte record de plus de 450 bateaux s'est annoncée pour le départ le 22 juillet à 13 heures, heure locale (15 heures, heure allemande). Le plus gros contingent est constitué par les pays hôtes avec 158 bateaux, juste devant la France avec 140 bateaux.
L'Allemagne est la troisième nation la plus représentée avec 27 bateaux, juste devant les Pays-Bas et leurs 25 bateaux. Dans le peloton allemand, on trouve des petits bateaux comme l'Elan 360 "Toke" avec Norma Puls, le Swan 38 "Truwen" avec Jens-Werner Hinrichs ou le Humphreys 39 "Ginkgo" de Dirk Clasen, des moyens comme le Rainbow 42 "Uijuijui" avec le skipper Maurice Oster et des racers racés comme le Botin 56 "Black Pearl" de Stefan Jentzsch.
Parmi les participants allemands connus, on compte également les champions du monde en double Jonas Hallberg et Till Barth sur le JPK 10.30 "Hinden", l'équipage du skipper Felix Streckenbach sur le TP52 "Imagine", l'équipage de Daniel Baum sur la belle monocoque en bois "Elida", Rasmus Töpsch et Bertil Balser sur le JPK 10.10 "Sharifa", le Judel-Vrolijk-52-Renner "Haspa Hamburg" du Hamburgischer Verein Seefahrt ou le "Germania VI" de la fondation Alfried Krupp von Bohlen und Halbach.
La Class 40 s'annonce passionnante, car les jeunes professionnels allemands Lennart Burke (24 ans) et Melwin Fink (21 ans) reviennent à la charge après le succès d'étape de leur équipe dans Les-Sables-Horta-Les Sables. La blessure au dos de Lennart Burke est en voie de guérison. Le duo transfère son Pogo 40 S4 de Cherbourg à Cowes cette semaine, avec l'objectif d'arriver à Cowes un jour avant le coup d'envoi du Fastnet. Les co-skippers se sont également fixé un objectif ambitieux sur "SignForCom". "Nous aimerions déjà naviguer dans le top cinq de la Class 40", a déclaré Lennart Burke.
Ce qui est inhabituel dans la Class 40 pour la 50e édition de la Fastnet, c'est que les équipages à deux, mais aussi à trois et à quatre, sont autorisés comme d'habitude. "Nous ne le savons que depuis une bonne semaine, mais nous restons dans la configuration à deux, car nous voulons aussi nous entraîner pour la Transat Jacques Vabre en automne", explique Burke pour son équipe Next Generation Sailing Team.
Au vu de la forme du bateau et de l'équipe, Lennart Burke (Norddeutscher Regatta Verein) et Melwin Fink (Schaumburg-Lippischer Seglerverein) devraient également faire une bonne course à deux. Sebastian Ropohl et son équipe sont également engagés dans la Class 40 sur l'Akilaria RC2 "Cantaloop 40". Les navigateurs polyvalents et expérimentés du Norddeutscher Regatta Verein sont engagés à trois. Le co-skipper de Ropohl, David Rowen, se réjouit de participer à son sixième Fastnet.

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