Courant d'ondesLes stations-service électriques en mer se rapprochent-elles ?

Lars Bolle

 · 23.03.2026

L'ancrage de la centrale houlomotrice vu de côté.
Photo : O.S. Energy GmbH
Aurelia WINO" n'est pas encore une station de recharge pour yachts. Mais le prototype de Kiel touche à une question centrale de l'électrification sur l'eau : d'où vient l'électricité en cours de route ? À partir de l'automne 2026, la centrale houlomotrice en mer du Nord devrait montrer ce qu'il est possible de faire en conditions réelles.

Prendre de l'électricité au lieu de stocker du diesel ? Pour l'électrification sur l'eau, c'est l'une des questions clés en suspens. La Hochschule für Angewandte Wissenschaften Kiel (HAW) n'a pas encore apporté de réponse définitive à cette question. Mais son prototype de centrale houlomotrice "Aurelia WINO" montre dans quelle direction pourrait aller l'évolution : vers des sources d'électricité autonomes en mer. À partir de l'automne 2026, le système sera testé pendant au moins six mois en conditions réelles sur la plateforme de recherche FINO 3 en mer du Nord.

Plus qu'une simple bouée

Aurelia WINO" n'est pas encore une station de recharge flottante pour yachts. La HAW Kiel décrit le projet comme un test technologique pour la production d'électricité à partir de l'énergie des vagues. Parmi les applications possibles, l'université cite l'alimentation en énergie mobile et autonome en mer, par exemple pour les plateformes de recherche, les stations de mesure ou la technique sous-marine. FINO 3 lui-même devrait être alimenté, du moins en partie, par de l'électricité verte au lieu d'utiliser exclusivement des générateurs diesel.

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En matière d'électrification des bateaux, le débat s'arrête rapidement au moteur. La question de savoir d'où proviendra l'énergie en cours de route est souvent décisive. C'est pourquoi le projet de Kiel est si intéressant. Il ne s'agit pas seulement d'une bouée dans l'eau, mais d'un élément précoce pour l'approvisionnement en électricité, loin des infrastructures portuaires classiques.

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Un test difficile avant Sylt

L'essai doit avoir lieu dans la zone de sécurité de la plate-forme de recherche FINO 3, à environ 80 kilomètres à l'ouest de Sylt. L'opération est prévue pour durer au moins six mois. L'équipe du professeur Christian Keindorf veut voir comment le système se comporte dans des conditions offshore réelles. Selon les données de la HAW Kiel, la hauteur moyenne significative des vagues en automne et en hiver est d'environ deux mètres. Lors de tempêtes fortes et prolongées, les vagues peuvent atteindre jusqu'à dix mètres de hauteur.

Transport via la Manche et Helgoland

Le prototype a été construit par German Naval Yards Kiel. Il se trouve actuellement dans un hangar du chantier naval. Dans les mois à venir, les derniers tests de fonctionnement seront effectués et le chargement sera préparé. Le port de base est le fjord de Kiel. Le "Fortuna Bluebird", long de 43 mètres, doit amener le système à sa position offshore. L'itinéraire passe d'abord par le canal de la mer du Nord. Une opération de remorquage est ensuite prévue à Helgoland. Parallèlement, des procédures d'autorisation administratives sont encore en cours.

Ancré à côté de FINO 3

Sur le lieu d'intervention, "Aurelia WINO" doit être sécurisé par trois ancres espacées de 120 degrés chacune. Il est en outre prévu de poser un câble électrique au fond de la mer et de le relier à FINO 3. Ainsi, pendant le test, la plateforme pourrait couvrir au moins une partie de ses besoins en électricité directement à partir de l'énergie des vagues.

Comment fonctionne "Aurelia WINO" ?

Techniquement, le système est basé sur une bouée avec un flotteur qui suit la houle et se déplace verticalement de haut en bas. Des barres de guidage entraînent deux générateurs linéaires à partir du mouvement relatif entre le flotteur et la bouée. Ceux-ci convertissent directement l'énergie mécanique en énergie électrique. Le prototype mesure environ douze mètres de haut et pèse environ dix tonnes.

Ce qui compte dans le test

Selon la HAW Kiel, l'accent est mis sur les composants électrotechniques de la chaîne cinématique et sur leur fiabilité dans des conditions environnementales difficiles. Pendant l'utilisation, les rendements énergétiques en kilowattheures doivent en outre être enregistrés. L'équipe de projet veut également en déduire le potentiel d'économie de CO₂ par rapport aux centrales électriques fossiles. Le projet est financé dans le cadre du programme régional Économie 2021-2027 à hauteur d'environ 660 000 euros par le Fonds européen de développement régional. Auparavant, le concept de transport et d'installation avait déjà été soutenu à hauteur d'environ 140.000 euros.

Le courant ondulatoire pour les yachts ? Encore de la musique d'avenir

La HAW Kiel a jusqu'à présent formulé ses perspectives avec prudence. Elle mentionne une alimentation en énergie mobile et autonome en mer, par exemple pour les plateformes de recherche, les stations de mesure ou la technique sous-marine. Un point de charge pour les yachts de croisière ne fait certes pas partie des applications concrètement mentionnées. MAIS :

L'idée séduisante qui se cache derrière

L'idée d'aller plus loin est évidente. Si les centrales houlomotrices de ce type fonctionnent en permanence, des systèmes ancrés pourraient produire de l'électricité dans des zones éloignées et la fournir à l'infrastructure maritime. On pourrait alors imaginer des points de charge pour les bateaux ou les yachts à propulsion électrique. Peut-être une bouée à laquelle on pourrait s'amarrer, tirer un câble et se recharger ?


Vidéos sur le sujet :

Christian Keindorf, professeur de technique d'installation offshore à l'école supérieure spécialisée de Kiel, explique le principe de fonctionnement

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Lars Bolle

Lars Bolle

Rédacteur en chef Digital

Lars Bolle est rédacteur en chef numérique et l'un des fondateurs de la présence en ligne de YACHT. Pendant de nombreuses années, il a travaillé comme rédacteur dans le domaine Test & Technique et a suivi de nombreux événements de voile. Son CV personnel en matière de voile va du sport de compétition en dériveur (champion d'Allemagne 1992 en Finn Dinghi) aux croisières en dériveur historique et moderne, en passant par les croisières en charter.

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