Alingi - PradaRussell Coutts, qui a d'abord le droit de passage avec son bateau, ne réussit déjà pas très bien le dial up. Il est trop rapide et n'arrête pas le bateau de manière optimale pour se retrouver dans la position classique de blocage, décalé en biais vers l'arrière, sur le côté droit de l'adversaire.
Au lieu de faire demi-tour, il passe devant la proue de Prada et tourne à gauche en direction de la zone de mort. Une manœuvre peu conventionnelle. Le maître du match-race ne manque jamais de glisser de telles manœuvres inattendues. Même si elles n'apportent guère plus pour le départ qu'une déstabilisation momentanée de l'adversaire. Coutts essaie de ne pas se faire déjouer et de gagner un avantage psychologique. C'est peut-être parce qu'au milieu du pré-départ, Coutts aurait presque pu forcer Prada à faire un autre dial up, ce qui aurait pu bloquer le chemin du départ pour les Italiens. Mais le barreur de départ de Prada, Rod Davies, s'en sort de justesse et réalise un départ propre sous le vent. Le vent est très à gauche et donne aux Italiens une avance de 15 mètres. Mais ils ne peuvent pas virer. Pendant environ trois minutes, rien ne change dans l'écart entre les deux bateaux, puis Alinghi accélère au vent et prend la tête. Il y a 29 secondes à la bouée au vent. Comme on l'a vu dans les courses précédentes, Prada continue de rattraper son retard sous spi, mais ne parvient pas à le dépasser.
Puis c'est la dernière croix. L'équipage d'Alinghi rate la manœuvre de récupération du spi et doit subir les insultes du skipper parce qu'il ne peut pas virer de bord. Il doit laisser Prada partir seul à droite. Promptement, le virement à droite de 20 degrés arrive et les Italiens ont 30 mètres d'avance. Mais après un virage à gauche de 10 degrés, les Suisses reviennent et peuvent attaquer Prada avec du vent à tribord. En fait, c'est une mauvaise position, car les Italiens les empêchent de virer à la bouée. Mais il semble que le designer Rolf Vrolijk ait intégré une pédale d'accélérateur qui peut être enfoncée dans des situations périlleuses. Alinghi montre soudain un avantage de vitesse comme il n'en a jamais eu de toute la course, sort sous le vent et vire devant Francesco de Angelis. La course est terminée. Même si les Italiens réduisent encore une fois leur avance à huit secondes sous spi, ils ne peuvent pas passer.
Conclusion : les écarts d'arrivée entre les deux adversaires sont les plus serrés de tous les matchs, et pourtant on ne peut pas se défaire du sentiment qu'Alinghi ne montre son potentiel que lorsque c'est nécessaire. Les Italiens sont sans doute du même avis. C'est ainsi que l'on peut comprendre leur retrait des quarts de finale. S'ils veulent remporter la Coupe de l'America, ils devront probablement battre ces Suisses, et pour cela, ils ont besoin de plus de vitesse sur la croix.
OneWorld - Oracle BMWAprès un pré-départ agressif à l'avantage d'Oracle BMW, le bateau d'Ellison s'élance sur le bord d'attaque gauche et, après un virement de bord, il devance d'une longueur OneWorld qui a immédiatement viré à droite. La course semble décidée très tôt. Mais lorsque le vent tourne de 20 degrés vers la droite, OneWorld passe soudainement et augmente son avance à 80 mètres.
Mais à la bouée au vent, Oracle BMW revient à huit secondes et affiche alors une vitesse étonnante sous spi. Jusqu'à présent, sur ce parcours, l'avantage allait plutôt à OneWorld. Mais Oracle BWM, avec un vent de tribord, fait chevaucher son adversaire sous le vent et le pousse à droite de la bouée sous le vent. Ensuite, Chris Dickson à la barre du bateau d'Ellison ne laisse plus rien passer.
Conclusion : un match serré avec toutes les chances pour OneWorld. Mais Oracle BMW est un peu plus fort.
Le Defi Areva - Victory Challenge:
Philippe Presti renonce au dial up et réagit peut-être ainsi aux faiblesses de l'équipage lors des deux dernières rencontres. L'équipe n'avait pas réussi à maintenir le bateau longtemps et sûrement dans le vent. Ensuite, le pré-départ n'est pas spectaculaire, car selon la radio de bord, les deux équipes préfèrent l'autre côté de la ligne de départ. Presti part à droite et Magnus Holmberg, qui remplace Jesper Bank à la barre (il fête son anniversaire avec son fils), exploite le premier virement à gauche pour prendre une avance de dix mètres.
Après un basculement du vent à droite, les Français parviennent certes à forcer les Suédois à virer une nouvelle fois à gauche, mais le vent tourne alors de 20 degrés vers la gauche. C'est la décision de Victory. Après cela, l'équipe de Tim Kröger n'a plus aucune chance.
Conclusion : les Français se vendent bien, mais n'ont aucune chance à cause du désavantage de la vitesse.
Équipe Dennis Conner - GBR ChallengeAprès le dial up, les deux équipes restent dans le vent pendant près de trois minutes, jusqu'à ce que Ken Read ne puisse plus se maintenir sur le côté droit. Néanmoins, le temps est compté pour les Anglais de prendre encore suffisamment d'élan vers la ligne, et ils partent au vent presque une longueur de bateau derrière leurs adversaires.
Après le premier virage à gauche, Ken Read vire en position de couverture, après quoi les Anglais n'ont plus aucune chance. Le bateau de Conner montre une nette amélioration de sa vitesse.
Conclusion : une course frustrante pour les Britanniques. Il ne semble pas qu'ils puissent répliquer.