Après le crash d'un avion de ligne hier à l'aéroport de San Francisco, c'est au tour de la Louis Vuitton Cup de plonger dans des profondeurs insoupçonnées. Pour la première fois dans l'histoire de cette régate éliminatoire de l'America's Cup, une course d'ouverture (12h15 heure locale, 21h15 CEST) se déroulera avec un seul bateau.
En effet, Luna Rossa, l'équipe italienne sponsorisée par Prada, qui s'entraînait encore assidûment samedi, ne prendra pas le départ de la course contre Team New Zealand aujourd'hui, car elle souhaite attendre la décision du jury international concernant la réclamation déposée le 2 juillet. Le jury doit se réunir lundi. "Pas inattendu, mais néanmoins décevant", c'est ainsi que Stephen Barclay, le chef de l'Event Authority, a qualifié cette décision. "C'est un cas de mauvaise volonté, pas d'incompétence".
Les Italiens, qui accusent le directeur de course Iain Murray d'avoir outrepassé ses compétences en modifiant les règles de classe en faveur de plus grands compensateurs sur les avirons sans l'accord de toutes les équipes, invoquent l'article 4 du règlement de classe. Celui-ci vise à empêcher que le défenseur ou une tierce partie puisse modifier les règles à court terme et de manière unilatérale. L'équipe de Patrizio Bertelli, le tsar de la mode, doute que les modifications des règles soient nécessaires au service du renforcement des mesures de sécurité.
Cette attitude des Italiens est un nouveau coup dur pour les organisateurs de la Coupe. Déjà vendredi, lors du spectacle d'ouverture, les AC72 n'ont pu sortir ni pour la voile de parade ni pour le contre-la-montre, car il y avait (pour eux) trop de vent. Le public, qui a jusqu'à présent fait preuve de patience dans cette confusion, reste sur le carreau, mais bien plus encore les sponsors, qui n'ont jusqu'à présent guère été récompensés de leur engagement.
Les Néo-Zélandais, qui ont également protesté contre les changements de règles, veulent tout de même naviguer pour s'assurer le point qui sera crédité en cas de victoire, avec ou sans adversaire. Peut-être prennent-ils cela comme un entraînement pour les courses contre Artemis, qui ne participe pas non plus ...
À propos d'Artemis, le chef d'équipe Paul Cayard a laissé entendre à "Sail Racing Magazine" a indiqué que son équipe pourrait être totalement éliminée si le jury décidait de soutenir Team New Zealand et Luna Rossa. La raison : Artemis ne pourrait pas construire dans l'urgence les safrans avec des trims plus petits et asymétriques demandés par les Kiwis et les Italiens, d'autant plus qu'il faudrait aussi apprendre au deuxième bateau à faire du foil ...