"That's it" ! C'est le bref commentaire du chef d'équipe Grant Dalton lors de la réception des coques du deuxième AC72-Kat construit par le chantier naval Cookson pour Team New Zealand. "Nous allons probablement rendre le bateau plus rapide, mais la forme restera la même. Nous verrons si nous avons raison en septembre". Les propos de Dalton ont l'air bien ambitieux. Car implicitement, il part manifestement du principe qu'il remportera la Louis Vuitton Cup, c'est-à-dire la qualification des challengers contre Luna Rossa, qui ne construit qu'un seul bateau, et contre Artemis. "Nos espoirs reposent sur ce bateau", a précisé le directeur technique Nick Holroyd. "Avec un peu de chance, ce bateau sera suffisamment bon pour que nous n'ayons pas à ressortir l'ancien (décommandé) du placard". Les semaines à venir seront consacrées à l'assemblage, avant le voyage inaugural en février.
"En général, Team New Zealand a un bon bateau, rectiligne et conservateur, avec beaucoup de volume et une structure éprouvée", explique Mike Drummond, l'un des anciens concepteurs d'Oracle Team USA, sur le site de Sail-World dans un interview détaillée sur les différentes philosophies de conception de l'AC72. "L'aile est une évolution de la classe C (kats), et ils ont, à juste titre, accordé plus d'attention aux appendices". Drummond fait toutefois remarquer que les bateaux à fort volume présentent également une résistance à l'air élevée, ce qui pourrait coûter jusqu'à 5 pour cent de vitesse aux vitesses pratiquées, surtout par vents légers.
Il ne s'agit pas seulement de turbulences, mais aussi d'efficacité aérodynamique, qui souffre des nombreux renforts et des poutres en forme de Y sous le trampoline de Team New Zealand, et qui est en outre affectée par la grande distance entre le bord inférieur de l'aile et la surface de l'eau. Oracle remédie à ce problème avec un pod lisse et esthétique entre les coques, qui n'a pas seulement une fonction portante, mais qui doit aussi prolonger l'aile quasiment vers le bas, en direction de la surface de l'eau. Drummond n'a pas oublié de mentionner que ses compatriotes de Team New Zealand ont profité de tous les jours de navigation disponibles pour effectuer des tests et ont ainsi pu acquérir de l'expérience qui devrait leur être utile pour le développement du deuxième bateau.
En dépit des spéculations sur l'équipe de design qui a misé sur le bon cheval, le patron de Prada, Patrizio Bertelli, qui sponsorise Luna Rossa, a exprimé son mépris pour les catalyseurs AC72. La 34e édition de la Coupe sera la seule à être disputée avec ces bateaux", a-t-il déclaré, cité par le magazine italien "Prada". Vela cite. "Il ne s'agit pas de monocoques ou de multicoques. Les catamarans sont attrayants, mais ces AC72 sont une aberration qu'il faut mettre à l'eau avec 40 personnes".
Team New Zealand prend en charge un deuxième bateau