L'impact de l'America's Cup sur l'économie de la ville de San Francisco aurait valu 364 millions de dollars américains. C'est ce qui ressort d'un rapport du Bay Area Council Economic Institute adressé au maire de la ville. Si l'on y ajoute l'impact du nouveau terminal de croisière, dont la Coupe a fortement accéléré l'achèvement, ce chiffre s'élèverait même à 550 millions de dollars. En outre, 3800 nouveaux emplois auraient été créés.
Les réactions à ce rapport ne se sont pas fait attendre. Russell Coutts, chef d'équipe du défenseur et architecte du nouveau format de la Coupe, qui a été fortement critiqué par le passé en raison de ses promesses fortement exagérées, a saisi l'occasion pour se libérer : "Ces chiffres montrent que la Coupe de l'America peut fournir", a déclaré le Néo-Zélandais.
"Nos investissements ont généré des revenus considérables pour la ville", a déclaré le maire Ed Lee, dont la nouvelle candidature à l'organisation est attendue pour le 22 décembre.
Les critiques de l'événement font toutefois un autre calcul. Selon le "San Francisco Chronicle", les coûts directs pour la ville afin d'organiser la régate se seraient élevés à 20,7 millions de dollars. Pour financer ces impôts, on aurait compté sur 32 millions de dollars de fonds privés, dont seuls 8,6 millions ont été versés à ce jour. Si l'on ajoute à cela l'augmentation des recettes fiscales nettes pendant l'événement, soit 6,6 millions de dollars, il resterait encore un trou de 5,5 millions de dollars.
"Un déficit de 5,5 millions pour une régate de milliardaires ?", demande le "Chronicle".
Le "Chronicle" rappelle en outre les nombreuses promesses non tenues. Ainsi, lors de la présentation de la nouvelle formule, on avait tablé sur 15 équipes, près de 9000 nouveaux emplois, 2,7 millions de visiteurs et un impact économique de 1,4 milliard de dollars.
On ne sait pas encore si San Francisco sera à nouveau choisie en cas de candidature. Le protocole pour la prochaine édition, qui règle entre autres le lieu ainsi que le mode, et qui sera négocié entre le défenseur Oracle Team USA et le premier challenger australien, est attendu pour fin janvier.
Selon les rumeurs, il y aura à nouveau une sorte de série mondiale, dont les lieux se situeront dans les nations des équipes qui relèvent le défi. Celles-ci seraient alors également responsables de l'organisation. La compétition se déroulerait déjà sur la future classe Cup et non plus sur une version réduite comme auparavant. De plus, cette série mondiale devrait être prise en compte dans le classement des challengers.
Outre Oracle Team USA et le défi australien, les équipes Artemis de Suède et Luna Rossa d'Italie sont considérées comme des participants sûrs. L'avenir de Team New Zealand semble également assuré après des entretiens positifs avec des sponsors et une injection de fonds par le gouvernement. Dernièrement, l'équipe France, composée de Franck Cammas, Michel Desyojeaux et Olivier de Kersauson, a également annoncé de sérieuses intentions de départ.

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