L'affaire semblait claire : jeudi dernier, Emirates Team New Zealand avait gagné huit points de match pour remporter sa troisième America's Cup après 1995 et 2000. Il n'y avait guère de doute : les Kiwis allaient certainement en transformer un dans la foulée. Mais le jeudi précédent semble désormais remonter à une éternité. Depuis, le défenseur Oracle Team USA et les forces de la nature ont apparemment décidé de s'allier contre l'équipe du petit Etat du Pacifique. Deux courses ont été interrompues depuis, au cours desquelles les Néo-Zélandais ont tout maîtrisé, et presque aussi le pot d'argent ornementé. Dont une avec un contact visuel avec la ligne d'arrivée. Psychologiquement, la douzième course, interrompue juste avant la ligne d'arrivée, a certainement été le coup le plus cruel de ces quatre derniers jours.
Et une page peut si vite se tourner suite à une intervention de force majeure : Deux nouvelles défaites douloureuses pour les Néo-Zélandais ont assombri dimanche les perspectives du skipper Dean Barker, du tacticien Ray Davies et de leur équipage, qui ont certes encore quatre points de match et ont fait remarquer à la hâte que lors des deux défaites nettes, ils avaient finalement navigué dans le box depuis le côté tribord défavorisé. Mais l'élan des Kiwis semble avoir changé de camp. Les Américains ont tout pour eux en ce moment : les meilleurs départs, la meilleure vitesse du bateau et le momentum de leur côté. C'est ainsi que l'on peut résumer les courses 14 et 15 de dimanche.
Plus intéressant est le regard sur l'état des équipes. James Spithill a débordé de confiance lors de la conférence de presse après les deux courses. Il s'est plu à le montrer et à le verbaliser : "C'était une journée formidable ! Tom (réd. : Slingsby) et Ben (réd. : Ainslie) ont fait un travail fantastique ! Les gars ont travaillé comme s'ils venaient d'un autre monde. Un jour comme aujourd'hui, tout tourne autour de la tactique. Mais ils sont restés cool. Et mec, on peut toujours tirer plus de cette vieille fille". Il s'agit ici du catamaran américain qui, dimanche, naviguait généralement plus vite que l'"Aotearoa" sur un parcours marqué par des vents instables.
Dean Barker, en principe plus discret et réservé que Spithill, n'a pas hésité à répondre : "Aujourd'hui, nous n'avons pas fait notre travail aussi bien que nous le voulions. Mais parfois, c'est une question de millimètres. Tu fais une toute petite erreur et tu rends ainsi ton adversaire fort. Nous avons toujours su que ce serait une bataille. Maintenant, c'est une bataille pour ce dernier point. Par deux fois aujourd'hui, nous n'avons pas été assez rapides à la marque 1. Mais nous croyons absolument que nous pouvons gagner. Nous devons juste tout rassembler correctement".
Il est d'ores et déjà clair : Le 34e match de la Coupe de l'America est le plus long de l'histoire de ce trophée prestigieux depuis sa création en 1851. Ce record était détenu jusqu'à présent par le duel entre le défenseur néo-zélandais et la dream team suisse Alinghi en 2003, avec 16 jours. A l'époque, neuf jours d'absence avaient contribué au marathon de la Coupe. Le 16e jour de la 34e édition fait désormais partie de l'histoire. Un coup d'œil sur la page d'accueil actuelle de la Cup révèle dès la première page que même les organisateurs ne s'attendaient pas à cette "longue distance" : On y fait toujours de la publicité pour le "Summer of Racing". A côté, on peut lire la date : San Francisco, du 4 juillet au 21 septembre. Le duel entre le défenseur Oracle Team USA et l'Emirates Team New Zealand reprendra lundi, le 23 septembre 2013.

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