Les bookmakers accordent au défenseur de l'America's Cup Alinghi un minuscule avantage dans le duel qui l'oppose au challenger BMW Oracle Racing, un jour avant l'épreuve de force au large de Valence. En effet, les analyses des experts indiquent que la course se déroulera au coude à coude.
Celui qui veut miser son argent sur l'une des deux équipes de la Coupe sur le site de paris en ligne William Hill doit renoncer à de grandes perspectives de gain peu avant le 33e duel de la Coupe de l'America. En cas de victoire d'Alinghi, les bookmakers ne versent que 11 euros pour 10 euros misés. Si le challenger BMW Oracle Racing l'emporte, 10 euros rapportent 12,50 euros. Avantage pour les Confédérés qui pourraient profiter des conditions de vent prévues lundi.
Les prévisions météorologiques pour la première des trois rencontres au maximum de la 33e America's Cup annonçaient dimanche principalement des vents légers, pour lesquels le catamaran suisse "Alinghi 5" serait plutôt optimisé que le trimaran "USA". La nouvelle du "temps d'ouverture d'Alinghi" a rapidement fait le tour du port de Valence pour l'America's Cup dimanche. Mais les équipes elles-mêmes se sont bien gardées de donner des indications sur la répartition des chances ou même de faire preuve d'une confiance exagérée. "La probabilité que nous défendions la Coupe est d'environ 50/50", a déclaré le chef designer d'Alinghi, Rolf Vrolijk.
"Si les vents soufflent aussi faiblement que prévu, Alinghi gagnera", prédit Stuart Alexander du journal londonien Independent. James Boyd, en revanche, observateur averti de la Coupe en Grande-Bretagne et éditeur du magazine en ligne "The Daily Sail", mise sur les Américains : "S'il n'y a pas de casse, je parierai sur Oracle. S'il y a rupture, les chances sont de 50-50". Bernie Wilson, correspondant d'ap aux Etats-Unis, mise lui aussi sur son équipe locale : "Je pense de plus en plus qu'Oracle va gagner. L'aile est la clé". Le photographe de haut niveau Carlo Borlenghi, qui travaille notamment pour les Suisses, avoue en souriant : "Je n'ai pas la moindre idée de qui va gagner". Le journaliste suisse Lori Schüpbach déclare : "Je mettrais mon argent sur Alinghi, car l'équipe est mieux préparée". Une justification du vote de Schüpbach : "Les Confédérés ont déjà effectué plusieurs fois à l'entraînement les deux parcours fixés pour les duels un et deux des 8 et 10 février, BMW Oracle Racing n'en aurait même pas encore fait l'expérience".
Déjà lors des victoires de la première et de la deuxième America's Cup en 2003 et 2007, Alinghi s'était également distinguée parce que l'équipe avait réduit les risques de manière intensive en amont et n'avait pas choisi de solutions de conception extrêmes. Ils profitent encore aujourd'hui de cette réputation dans la formation de l'opinion publique. C'est justement parce qu'il s'agit d'un duel sur les multicoques les plus rapides et les plus modernes jamais construits qu'une petite majorité fait confiance aux Suisses pour une manipulation plus sûre de ces bateaux monstrueux. Aussi parce que l'adversaire BMW Oracle a pris des risques en misant sur une aile révolutionnaire en fibre de carbone plutôt que sur une voile conventionnelle. Les critiques estiment que cette aile n'a pas encore été suffisamment testée. Mais d'autres affirment qu'elle pourrait se révéler être une arme miracle salvatrice.
Les équipes du milliardaire pharmaceutique suisse Ernesto Bertarelli et du géant américain des logiciels Larry Ellison ont investi jusqu'à un demi-milliard d'euros dans leur rêve de remporter le plus vieux trophée sportif du monde. Bertarelli, 44 ans, a remporté la Coupe d'argent pour la première fois en 2003 avec une équipe européenne et l'a défendue avec Alinghi en 2007 devant Valence. Jochen Schümann, double vainqueur de la Coupe de l'America, qualifie de "folie potentialisée" le duel désormais imposé par décision de justice contre les Américains, à l'exclusion de tout autre participant.
Le budget de la 33e édition de la Coupe s'élève à près de huit millions d'euros. Environ 30 pour cent de ce budget est consacré à l'organisation de la régate et 20 pour cent à la production de films et de programmes télévisés. Deux ans et demi après l'éclatement d'une bataille judiciaire sans précédent en 159 ans d'histoire de la Coupe, les deux équipes ennemies se retrouveront sur l'eau lundi à partir de 10h06 pour une épreuve de force. Les courses seront retransmises en direct et gratuitement sur Internet - si le vent et la météo permettent le départ. La plupart des observateurs s'attendent à des temps d'attente. Car même si les vents soufflent agréablement au large des côtes, il pourrait en être tout autrement loin au large, avec des tempêtes ou même des calmes. Rien que pour la première course, le parcours fait 20 fois 20 milles nautiques - soit deux fois la taille de la ville hôte de Valence.
Lundi, le premier parcours emmènera les équipes sur un parcours de 20 milles nautiques - une fois en haut, une fois en bas. Rolf Vrolijk rappelle : "Les conditions auront une grande influence sur le résultat. Après la première course, probablement dès les premières minutes, nous saurons qui a quel côté en chocolat et qui peut gagner ce duel".
Les équipes ne dévoileront leurs listes d'équipage que lundi matin. Le propriétaire d'Alingi, Bertarelli, a déjà confirmé sa place à bord et souhaite même tenir la barre de l'"Alinghi 5" en alternance avec le Français Loïck Peyron. Son adversaire Larry Ellison, quant à lui, s'est contenté d'une piètre excuse : "Il y a une limite de poids et nous l'avons atteinte. C'est pourquoi je ne serai probablement pas à bord lors de la première course. C'est certes décevant, mais je ne veux en aucun cas compromettre nos chances de gagner cette course". Russell Coutts, triple vainqueur de la Coupe, devrait lui aussi assister à la bataille navale de l'extérieur et ne pas naviguer lui-même. L'"USA" sera barré par le jeune Australien de 30 ans James Spithill. Surnom : Jimmy Spitfire.
Le duel se déroule selon le mode "best of three". Celui qui s'assurera deux victoires aura gagné la 33e America's Cup. Du moins sur l'eau, car des jugements sont encore en suspens devant les tribunaux. Les courses doivent être disputées lundi, le 10 et éventuellement le 12 février, au cas où un match décisif serait nécessaire en cas de score possible de 1:1. Si des conditions défavorables entraînent des annulations, des jours de réserve sont prévus jusqu'au 25 février et même au-delà si nécessaire. Le budget des organisateurs doit permettre de tenir jusqu'au 20 février. "Si le duel va au-delà", déclare le manager Michel Hodara, "nous devrons réfléchir à nouveau".
Mais d'ici là, le duel des géants est sous le feu des projecteurs. Les plus de 800 représentants de la presse accrédités du monde entier prouvent entre autres que la Coupe de l'America a conservé sa fascination malgré toutes les querelles judiciaires. La Coupe a peut-être déraillé avec son duel actuel de superlatifs. Elle a perdu beaucoup de ses valeurs dans l'ombre de la bataille entre deux superpuissances de la voile. Mais sa magie opère toujours. Ceux qui souhaitent suivre l'événement chez eux peuvent le faire en direct et gratuitement via Internet.

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