La dépêche de l'agence de presse AP ne laisse plus guère de place au doute : Les Bermudes auraient remporté l'organisation de la 35e America's Cup. C'est ce que le célèbre journaliste américain d'AP Bernie Wilson a appris d'un initié non nommé mais bien informé. L'informateur souhaiterait rester anonyme, car le défenseur Oracle Team USA ne veut annoncer officiellement sa décision que le 2 décembre dans le cadre d'une conférence de presse à New York. Des consultations auraient toutefois eu lieu entre le propriétaire de l'écurie Larry Ellison et le directeur de l'équipe Russell Coutts, à la suite desquelles la décision en faveur des Bermudes aurait été prise.
Ce serait une surprise pour de nombreux experts, car les Bermudes sont un territoire britannique d'outre-mer, alors que San Diego, territoire américain, a déjà accueilli la Coupe en 1988, 1992 et 1995. Jusqu'à présent, ni Larry Ellison ni Russell Coutts n'ont confirmé cette déclaration qui, selon AP, semble si crédible que les Bermudes sont citées par l'agence de presse comme lieu d'accueil sans point d'interrogation. Lorsqu'il a été interrogé sur le sujet, Russell Coutts a renvoyé à la clause de confidentialité de ses contrats. D'autres demandes auprès des politiciens et des décideurs impliqués sont restées sans réponse jusqu'à présent.
Les Bermudes ont au moins trois bons arguments : une zone de navigation de rêve autour de la pointe nord du Triangle des Bermudes, un statut de paradis fiscal connu dans le monde entier, dont profiteront tous les participants à la Coupe, et une grande passion pour la voile. C'est la première fois qu'une équipe américaine de l'America's Cup défendrait le trophée le plus connu de la voile internationale en dehors de ses eaux territoriales. L'équipe suisse Alinghi avait précédemment suivi une voie similaire en disputant la Coupe en 2007 et 2010 à Valence, en Espagne. Mais cette décision avait été prise avant tout pour des raisons pratiques : La régate n'était pas réalisable sur le lac Léman.
Le choix des Bermudes ne suscite pas que des réjouissances. Les critiques vont du "cauchemar logistique" à la référence des traditionalistes à ce territoire non américain. Des critiques ont également été émises dans les rangs de l'équipe de Nouvelle-Zélande. Les Kiwis craignent que leurs partenaires et sponsors ne puissent pas suivre le parcours à destination des Bermudes. Le ministre néo-zélandais du développement économique, Steven Joyce, a déclaré au quotidien "New Zealand Herald" que la Coupe au large des Bermudes rendrait plus difficile l'investissement de fonds publics. Les défenseurs américains ont reçu cinq défis au total. Plusieurs d'entre eux n'ont toutefois pas encore assuré leur financement. L'une des principales raisons de cette situation est le fait que la région où se déroule la compétition n'est pas encore connue, ce qui rend les négociations avec les sponsors difficiles.

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