Il n'y a rien à dire sur la course elle-même. Il n'y a pas eu de course. Les Néo-Zélandais ont une fois de plus navigué seuls. Lors de la première course prévue, l'équipe italienne Luna Rossa n'a pas pris part à la course, car elle a lutté contre une Changement de règles : protêt déposé avait. La nuit dernière, c'était au tour de l'équipe suédoise Artemis, mais elle n'a même pas encore mis un bateau à l'eau.
Mais sans adversaire, une course n'est qu'une course, il ne s'agit pas d'un pari. On se sent donc désolé pour les commentateurs qui doivent résumer une "grande journée" et célébrer le deuxième point d'Emirates Team New Zealand comme s'il avait été question de le gagner. C'est un peu comme applaudir le pilote d'un avion de tourisme après l'atterrissage.
Malgré tout, j'ai regardé l'enregistrement de la course dans sa quasi-totalité. Les images sont tout simplement fascinantes. Des plans grandioses de l'hélicoptère, du bateau accompagnateur et de caméras plus éloignées sont habilement montés. La façon dont les épées lancent des fontaines d'embruns, la chute vertigineuse après la marque au vent, la façon dont l'équipage est constamment en mouvement, changeant de côté sur le trampoline, comme si le bateau était en sécurité et tranquille à terre, tout cela est impressionnant. C'est de l'action, du sport high-tech.
Le catamaran file devant le vent à plus de 40 nœuds, contre 20 au vent. Les empannages se font sur les deux dérives, comme on dit. Les coques ne touchent pas l'eau. Le bolide de course fait toujours plus de 30 nœuds. Je pense que quiconque a déjà essayé de naviguer vite avec un bateau ne peut tout simplement pas détourner le regard. C'est, si je peux me permettre, tout simplement génial.
Les cours de vent arrière sont toutefois un peu fades. Il n'y a pas de vol, le catamaran glisse de manière peu dramatique. Croiser sans adversaire est déjà assez ennuyeux en croisière, la Coupe ne fait pas mieux. A la décharge des commentateurs, il faut reconnaître qu'ils couvrent très bien cette phase avec des explications techniques, à condition que le spectateur ait de bonnes connaissances en anglais.
Dans l'ensemble, une très bonne présentation, ce qui était à prévoir après les pré-régates en AC45. Il ne manque plus que le concours, l'adversaire.
Durant la nuit, les parties protestataires se sont réunies pour décider si les changements de règles proposés étaient valables ou non. De l'issue dépendra l'identité des adversaires qui se présenteront sur le parcours de la course. Si la modification des règles est adoptée, Luna Rossa pourrait bien plier bagage, si elle ne l'est pas, Artemis ne se présentera pas. C'est en tout cas ce qu'a annoncé le chef d'équipe Paul Cayard.
Même si cela n'a pas vraiment d'importance. Les deux ne devraient avoir aucune chance contre les Néo-Zélandais lors des éliminatoires, comme dans expliqué en détail dans le dernier YACHT sera.
Reste la question de savoir s'il ne faudrait pas sauter immédiatement à la finale de la Coupe, au match Emirates Team New Zealand contre Oracle Team USA. Car si ces premières images peuvent être fascinantes, sans adversaire compétitif, les scènes se ressembleront et s'useront.
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Rédacteur en chef Digital