Le vent, le vent - est-il encore une fois le méchant enfant ? Non, ce n'est pas lui ! Le vent n'est pas le principal responsable de l'attente épuisante du premier coup de canon de la 33e America's Cup au large de Valence. Le vrai problème, c'est que les parcours et les bateaux ne sont pas compatibles.
À Valence, de nombreux mondes se rencontrent. Il y a par exemple les bâtiments futuristes de l'architecte et artiste espagnol Santiago Calatrava, l'extravagante Cité des arts et des sciences, mais aussi des trésors culturels gothiques comme la Bourse de la soie ou la cathédrale de Valence avec ses influences romanes. C'est à peu près le contraste que l'on peut imaginer entre les bateaux high-tech des équipes de l'Americas Cup et les parcours sur lesquels ils doivent naviguer.
Par exemple, le parcours de la course d'ouverture : Il mesure 20 fois 20 milles nautiques et couvre une surface d'environ 450 milles nautiques carrés. Il est donc 44 ( !) fois plus grand qu'un parcours de la 32e America's Cup il y a trois ans. C'est surtout pour cette raison que la tâche d'Harold Bennett s'apparente à la quadrature du cercle. Le directeur de course néo-zélandais doit trouver un créneau horaire dans lequel les conditions de navigation sont équitables et sûres sur l'ensemble du parcours. Mais est-ce vraiment possible ?
Conçus il y a près d'un siècle et demi pour les goélettes capables d'affronter les tempêtes et la mer agitée, les longs parcours de l'America's Cup d'aujourd'hui ont plutôt un charme antique. Ils ne conviennent pas aux fragiles bolides high-tech qui doivent y faire l'aller-retour jusqu'à la marque de virage. En d'autres termes, Alinghi et BMW Oracle Racing ont délibérément mal résolu la tâche qui leur était confiée. Ils ont construit des bateaux qui repoussent les limites plutôt que des yachts solides, car ils ne peuvent pas gagner la compétition de vitesse sans cela. Pour cela, ils ont dû sacrifier leur aptitude à la navigation.
Il ne serait que justice que Bennett ne tienne pas compte des sensibilités des constructions extrêmes et qu'il chasse le catamaran et le trimaran en mer pour un duel par tous les temps. Mais le directeur de course ne peut pas prendre ce risque, car les hommes et le matériel seraient exposés à un trop grand danger. Jusqu'à la fin de la 33e America's Cup, sa tâche s'apparente donc à un exercice d'équilibriste quotidien avec de nombreuses frustrations. Ce fut le cas vendredi : à 12h25, le vent soufflait à cinq nœuds (185 degrés) sur le bateau de départ et à trois nœuds (135 degrés) sur la marque de virement. Une course semblait possible.

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