Une fois de plus, une accalmie a gâché le début d'une régate de l'America's Cup. Le vent et la météo n'ont pas voulu coopérer lundi.
Le directeur de course néo-zélandais Harold Bennett a dû annuler et reporter à mercredi la première rencontre entre le défenseur de la Coupe Alinghi et le challenger BMW Oracle Racing, après quatre heures de duels entre les monstres multicoques au large de la Costa Azahar entre Valence et Gandía.
Le "Dieu" - c'est ainsi que les navigateurs de la Cup appellent le tout-puissant directeur de course Bennett - a ainsi rendu hommage aux vents contraires de deux à sept nœuds et aux virements de bord qui en découlent. La plus haute instance de cette régate de la Cup a estimé qu'une rencontre équitable était exclue.
Le premier duel très attendu entre les géants de la Coupe Alinghi et BMW Oracle Racing ne pourra se poursuivre que dans deux jours, car l'ancien acte de fondation le stipule. Le document, dans sa dernière version de 1887, stipule qu'il doit toujours y avoir au moins un jour de libre en semaine entre deux courses. La décision du tribunal, responsable de la difficile date d'organisation en février, vient encore compliquer les choses. Rolf Vrolijk explique : "Pendant les mois de janvier/février, on arrive en moyenne à un total de dix jours de navigation maximum".
Le démarrage au ralenti a rappelé à bon nombre des plus de 800 journalistes présents sur place les temps d'attente épuisants de la 32e Americas Cup en avril 2007. A l'époque, le tour des challengers (Louis Vuitton Cup) n'avait pu commencer qu'après neuf jours d'attente. Cela a notamment empêché la ZDF de réaliser un reportage en direct de grande envergure. Lors de la 31e America's Cup 2003, des conditions instables dans le golfe de Hauraki au large d'Auckland avaient également entraîné une pause involontaire de neuf jours dans le duel de Coupe entre les adversaires de l'époque, Alinghi et Team New Zealand, alors que le score était de 3-0. C'est un fait : à l'époque déjà, Harold Bennett était à la fois directeur de course et victime de la situation, mais il a su, comme aujourd'hui, faire face à la situation et aux esprits parfois très échauffés avec humour et calme.
Pour les équipes de la 33e Americas Cup, le report actuel représente une nouvelle épreuve nerveuse. Tous les participants attendaient avec impatience le départ sur l'eau après deux ans et demi de bataille devant les tribunaux. "Nous voulons enfin naviguer et voir où nous en sommes", n'avait pas seulement souhaité le designer en chef d'Alinghi, Rolf Vrolijk. Les équipes emportent désormais avec elles leur espoir d'obtenir des informations claires sur le véritable potentiel de leur adversaire pendant leur pause forcée de 48 heures.
La composition des équipages des deux équipes ne devrait guère changer d'ici mercredi : Chez les Suisses, c'est le patron Ernesto Bertarelli, 44 ans, qui est à la roue, tandis que pour l'équipe américaine, c'est l'Australien James Spithill, 30 ans, qui barre. Alinghi se présente avec 14 membres d'équipage, dont trois Suisses. Les Américains misent sur un équipage de dix personnes avec un seul Américain à bord. Le propriétaire Larry Ellison et le CEO Russell Coutts ne sont pas engagés.
Les experts météo du centre de presse international prévoient des vents tempétueux pour mardi, mais de nouveau très légers pour mercredi. Le 33e duel de la Coupe se déroulera selon le mode "Best of three" : celui qui remporte deux victoires gagne la régate pour le plus vieux trophée sportif du monde.

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